
…Comme tous les matins, il eut besoin de tout son courage pour soulever le poids de son corps et s’extirper de ses draps. Il en avait marre de se réveiller comme ça, toujours de mauvaise humeur et de penser qu’il allait passer le restant de la journée à baver de l’hypocrisie d’un système qui broie ses propres éléments pour survivre….
Les gens normaux appelaient ça, le travail, mais lui le voyait plus comme une potence, une tyrannie imposée par voie de faits et non autrement…
Ceux qui travaillent sont ceux qui sont dans le besoin. Le besoin est une faiblesse plus qu’autre chose, puisqu’il vous pousse à faire des choses que vous n’auriez jamais faites si vous étiez nés autrement…comprenez riches !
Il est dans le besoin, lui. Du moins pour le moment !
Il est dans le besoin, tant qu’il est incapable de vivre sans payer. Payer le loyer, l’électricité, le pain, les clopes, les putes…tout a un prix ! Et ce prix se décline en nombre d’heures travaillées pour s’offrir le bien en question. Il travaille quelques minutes pour la valeur d’un pain parisien, quelques heures pour un paquet de rouges, et quelques jours pour une passe avec Chaimaa.
Chaimaa, elle, a sa propre conception du travail. Un échange abrupt, singulièrement basique mais suffisant à ses besoin d’affirmation en tant que personne active, indépendante, et surtout dans le besoin elle aussi. Quand elle parle de son travail, elle dit non sans afficher un rictus malin : « je fais dans le bio ! »…
Tout le monde travaille. Toute le monde fait quelque chose en contrepartie d’une rétribution, laquelle servira à payer un objet, un service, une illusion…Tout a un prix, alors. Tout est matériel, ou « matérialisable » à souhait. Mais, pourquoi nous gave-t-on de valeurs ? Pourquoi passons-nous, le plus grand du temps à parler de vertu, de sentiments…de bonheur !
Le bonheur n’existe pas…parce que le bonheur n’a pas de prix dit-on.
#1 by Réda on 27 juin 2009 - 14:31
une écriture cristalline et poignante, une articulation logique de la pensée, débouchant sur un reflux d’émotions extremement interessant. La mise en rapport des ressources et des emplois dans un contexte de rareté. C’est joliment trouvé, mettre les clopes, le rapport physique sur le même plan te permet de banaliser tout ce qui peut s’acheter avec de l’argent, tout en niant toute réalité à ce qui ne peut s’acquéir en monnaie sonnante et trébuchante, pour arriver à la conclusion que le bonhuer, puisque ne disposant pas d’étiquette, n’existe pas. belle thématique, mais au dela du sujet, l’apport émotionnel du texte en est sa caractéristique la plus frappante, un excellent moment de lecture et une occasion de reflechir à son statut moderne de consommateur frustré. Bravo l’ami, je suis fan
#2 by zalmaite on 27 juin 2009 - 16:53
que cherchons nous à combler , un besoin légitime ou hélas un ego qui après chaque désir assouvi gonfle un peu plus ?
#3 by hmida on 27 juin 2009 - 22:01
Bien triste conception du travail. Un travail qui a pour seul but une rétribution….
Je comprendrais que ce soit le cas pour certains..M
ais même le travail le plus ingrat s’il est effectué avec un minimum de conscience, d’amour et de respect de soi et des autres, peut apporter des compensations bien supérieures à la simple rétribution.
P.S.: J’ai aimé la subtilité du bio ….
#4 by mohamed on 28 juin 2009 - 17:20
« Le besoin est une faiblesse plus qu’autre chose » c’est ce qui fait que Dieu, qui n’a besoin de quiconque, est le Suprême.
#5 by Karim de Bruxelles on 29 juin 2009 - 7:50
Je suis tout à fait d’accord avec le robin des blogs. La motivation première c’est l’argent.
Ce que je trouve pire c’est quand tu n’aimes pas vraiment ce que tu fais mais que malgré çà tu as un bon salaire. tu ne peux pas quitter ton boulot car tu te dis je sais ce que j’ai maintenant mais je ne sais pas ce que j’aurais après et ailleurs ….
#6 by Driss Lebbat on 30 juin 2009 - 19:21
Merci RDB
#7 by Loindici on 18 octobre 2009 - 16:04
Pas mal… je ne suis pas la seule à détester bosser c’est cool!