Archive pour 2009
Tu Sais qui je suis-je?
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 21 novembre 2009
Ce que j’avais espéré, en me faisant inviter à la conférence qui a été organisée par l’AEENIM (Association des Etudiants de l’Ecole Nationale de l’Industrie Minière), dans le cadre des activités du café scientifique, qui est un espace de débat créé par les étudiants pour enrichir leur cursus par des activités à forte valeurs académiques et sociales, était que tout se passe dans l’ordre, et que les dérapages connus dans toute agglomération de marocains soient mis de côté, du moment que c’est des « jeunes » qui organisent. Quand on sait que la jeunesse dans ce pays, se targue de sa différence par rapport aux limites marocaines et à la médiocrité de la vieille école, aux méthodes vétustes et éculées, on n’a qu’une envie, voir ce que ça donne quand c’est à eux (les jeunes) de prendre les rennes. Je ne vous raconte pas!
D’emblée, et là je suis obligé de reconnaitre la sagesse de certains de mes lecteurs qui m’avaient mis en garde contre la caractère, hautement insignifiant de la présence d’une adresse Email et d’un numéro de téléphone, comme seules références de contact, ainsi que l’argument avancé, que ce n’était qu’une formalité pour prévoir le nombre de personnes qui allaient assister à la conférence, et de ce fait assurer une logistique suffisante. Du bla bla!
A peine eu-je atteint les abords du lieu de la rencontre, c’est à dire la Résidence des étudiants, où se trouvait la salle qui allait accueillir l’évènement, que je fus surpris de voir une foule immense qui ne voulait qu’une chose: Entrer! Il était évident qu’il n’y avait pas de places pour tout le monde, mais personne n’entendait cela de cette oreille, surtout les étudiants de cette école, très imbus de leur appartenance à la horde de futurs ingénieurs, qui ne comprenaient pas pourquoi, eux, les élites de demain, les membre attitrés de la maison, ne pouvaient pas voir la bête de près, comme les bougnouls qui sont déjà dedans. Heureusement que les organisateurs, avaient prévu un espace en plein air avec un écran géant de la taille d’une couverture de bébé, avec de l’herbe tout au tour. Les chaises, il fallait les emprunter quelque part…
Non, je n’ai pas retenu que les choses négatives de cette soirée, mais je tenais à dévoiler au large public, ce que j’ai ressenti, en voyant des journalistes étrangers, sauter sur ces détails, insignifiants pour certains, mais qui ont leur poids pour d’autres. Cela me fait mal de voir à quel point on peut être médiocre et associer les limites de notre responsabilité à la nationalité que nous portons. Nous sommes marocains, te diront tous ceux qui n’ont pas de réponses lorsque vous leur posez un légitime, pourquoi?! Et alors? Est ce que je suis obligé de supporter ton manque d’éducation, tes écarts par rapports aux règles que tu fixes toi même, avant les règles tout court, juste parce que tu es marocain? Mais mon ami, je le suis aussi, et je ne conçois pas les choses comme cela!
Le pire, c’est que ceux là même qui te disent, avec une amertume moqueuse, qu’on est au Maroc, donc comprenez le pays de l’anarchie, par défaut, reviennent par l’autre porte, et te toisent du haut d’un privilège, né de leur petitesse d’esprit qui leur fait exploiter le moindre détail les différenciant de vous: Tu sais qui je suis-je?! Je singerai Fellag à souhait, mais je ne peux pas puisque je ne peux transcrire, fidèlement sa gestuelle! Non mais?!!!
Finalement, quand je suis parvenu à rentrer, après avoir expliqué à plein de gens que j’étais invité dans la catégorie médias, un grand et sage garçon, m’a présenté à la demoiselle qui s’occupait du placement (rôle que je ne comprends pas, puisqu’on m’avait dit au préalable que les places étaient nominatives) et lui a lancé ceci:
- Choufi had seyed, rah gallik Média!!!!!!!
Gallik média!!??? J’allais lui exploser le portrait, tellement je me suis senti toisé par ce mec à qui je prédis, dès l’instant même, une place de choix dans la poubelle de l’histoire, la mienne du moins, mais je me suis retenu face au sourire de la demoiselle qui m’a conduit à ma place et m’a même prié d’excuser son ami, trop fébrile de la langue!
La suite est inutile à vous raconter, si ce n’est un détail, qui revient à chaque fois que j’assiste à un événement organisé dans une école dite « prestigieuse ». Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais les étudiants de ces établissements, quand ils ont la parole, portent un accent très particulier lorsqu’ils parlent, mettent en évidence leur statut d’élite et finissent par poser des questions…débiles. Ce soir, j’ai vu une première, une question posée en anglais, par un mec qui n’avait de soucis que de bien rouler les R, façon CNN et que Tariq Ramadan a remis à sa place, dès lors qu’il a fini d’exposer ses talents linguistiques, pour ne rien dire, par un seul mot…OUF!
Au fait, Tariq Ramadan fut un régal, mais ça je vais vous le raconter Lundi… Allez bon Week end!
Vendredi, je Rencontre Tarik Ramadan!
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 18 novembre 2009

Non, je ne rigole pas, et ce n’est pas juste un jeu de mots. Je vais le rencontrer et vous aussi vous le pouvez, si vous avez l’envie et le temps de vous déplacer à Rabat, où se tiendra une conférence de Monsieur Ramadan Vendredi 20 Novembre, au siège de l’ENIM. Je ne manquerais pas de remercier l’AEENIM (Association des étudiants de l’école nationale de l’industrie minière) pour cette opportunité qu’elle nous offre, en relançant le café scientifique, de plus belle manière.
Pour vous instrire, merci de contacter le comité d’organisation, aux coordonnées suivantes, ou de faire un saut sur la page facebook de l’evénement:
ECOLE NATIONALE DE L’INDUSTRIE MINERALE
Avenue Haj Cherkaoui
( Juste devant la Gare Rabat-Agdal) Agdal Rabat
Tél : (+212) 06 73 45 72 25
NB : inscription OBLIGATOIRE GRATUITE à la conférence en envoyant un mail à : enim.culturel2009@gmail.com
Récit de derrière les barreaux (7)
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 16 novembre 2009
Ma première matinée dans une geôle, allait être très instructive, même plus que je ne l’avais pensé. Durant les deux jours que j’ai passés dans cet endroit, chaque fois que j’arrivais à un stade d’apprentissage, ou que j’assistais à une scène du genre à vous hérisser tous les poils, je pensais que j’avais atteint le summum, le fameux maximum de la montagne. Cependant, il y avait toujours du nouveau, et pour ne rien vous cacher, chaque geste même des plus normaux avait son pesant de significatif en pareil lieu…
Après avoir terminé la prière du fajr, nous avons regagné notre place en cellule, notre Imam et moi. Notre première remarque à tous les deux, fut l’odeur nauséabonde des toilettes ! C’était encore un tour que nous avaient joués nos sens, puisque lorsqu’on était dedans, on s’était accommodés, vite fait, des éléments qui nous entouraient, mais une fois éloignés de ce milieu, juste les quelques minutes qui nous ont servi de pause religieuse, nous avions repris une vie normale ! On devait encore, supporter quelques instants de souffrance olfactive, pour ne citer que cette référence, avant que nous entrions dans le jeu. Quelques minutes plus tard, je senti le vieux ronfler paisiblement sur mon épaule qui lui servait de coussin, et comme j’étais aussi exhaussé que lui, sinon plus, je fermai les yeux et m’abandonnai à un sommeil salvateur, me permettant de m’évader du lieu plus que d’autre chose. Il n’y avait que cela qui pouvait le faire. Le rêve !
Dans la geôle, il n’y pas de temps, et on ne peut pratiquement jamais savoir quel heure il est, sauf quand la garde est relevée. Et à 6h00 du matin, pendant que je commençais à peine à entamer un songe réparateur, les grilles ont entonné une mélodie stridente, telle une harpe mal accordée, accompagnées des voix de nos adorables gardiens, avec des paroles aussi belles que « Anod adak weld l’9… » ! Un réveil on ne peut mieux, dans un lieu où la violence verbale, les rapports de force et la virilité exacerbée sont une rigueur. Cela me rappelait un documentaire que j’avais regardé il y a quelques années, et qui démontrait comment les langues germaines étaient les meilleurs choix pour le dressage des molosses, car les mots étaient formés de peu de syllabes, une ou deux pas plus, mais aussi par les terminaisons sèches. Une phonétique de pointe, pour mater les toutous qui devaient savoir qui était le maître. Pour nous, les détenus, c’était la même chose. Les policiers, aussi frêles qu’ils pouvaient être, s’armaient de leur vocabulaire le plus ronce et leurs répliques étaient bizarrement toutes débitées sur le DO majeur, mais sans vibrato, ni mélodie, puisque les rimes étaient exclues.
J’aurais aimé lister les magnifiques phrases, toutes faites, que nous entendions, mais comme j’ai peur que l’on aille faire le lien entre cela et mes déboires avec le capitaine Hdidane, je préfère vous laisser improviser, munis de vos souvenirs et de vos connaissances du vocabulaire marocain avec une recommandation particulière pour une imagination débordante, toutes les insanités possibles à écouter dans pareils lieux, surtout si le parolier, avait la muse biaisée par un pouvoir absolu.
Une fois tous les fils de putes, que nous étions pour nos tuteurs improvisés, étaient réveillés et debout sur pieds, nous fûmes priés de nous aligner contre le mur pour l’appel. Ce dernier se faisait selon la date d’entrée, et celle de la sortie possible. Le premier tri, consistait à séparer les éléments qui devaient être déférés le matin même des autres. Ceux là, étaient répartis en fonction de « spécialité », les ivrognes d’un coté, les coups et blessures d’un autre, et plus loin les dealers, les voleurs et violeurs. Il y avait même un pyromane dans le coin, un gentil garçon qui avait mis le feu à tous son village, juste parce qu’il ne trouvait rien à faire, et que personne ne lui donnait plus de travail. Les bleus, comme moi, c’est-à-dire ceux qui devaient encore rester pour encore 24H, étaient laissés dans la cellule, et on leur distribuait du matériel sanitaire pour faire le ménage. Mais attention, là aussi, il faut savoir que c’est le rang que vous avez dans la hiérarchie locale qui fait de vous ce que vous êtes. Pour ne pas faire la « femme », et je m’excuse auprès de toutes les femmes pour cette allusion discriminatoire à mon sens, mais qui est hélas, très réelle dans un univers machiste comme la geôle, pour ne pas dire le Maroc en général ; il vous faut vraiment user de toute la testostérone que vous possédez ou de vos contacts et autres billets de banque, cigarettes et tout objet à valeur d’échange. L’humiliation et la soumission, ont un sens très profond en prison, et si vous ne savez pas gérer votre rang, vous placer parmi les plus forts, vous finirez par faire le sale travail.
Les gardiens distribuaient les ballets, les serpillières et les récipients d’eau au chef de chambre, et c’est ce dernier qui se chargeait de désigner les « femmes ». Commençait, alors, une véritable marrée de yeux doux, que tout le monde faisait au « chefchambré », pour rester fidèle à la dénomination, pour qu’il lui épargne la tare. Lui, avait l’obligation de corroborer son statu par une exécution rapide de la chose, et surtout l’occasion de se venger encore plus, de toute personne ayant osé froisser ses sentiments. Il tendit le matériel aux trois mastodontes qui lui avaient cherché la petite bête la veille, sans émotions et vida les lieux suivi de nous tous. Il faut que je vous dise, que tout le monde a baissé la tête, évidant de croiser le regard des élus, pour ne pas se voir imposer leur force, et hériter de leur fardeau. Personnellement, je ne risquais rien, puisque j’étais l’ami du chef, mais je pressai le pas, toutefois, pour augmenter mes chances de fuite. Les policiers, eux, se sentirent tout contents de voir les choses ainsi se passer, et eurent même le plaisir de rabaisser encore plus, les « femmes » en leur ordonnant de bien laver les toilettes et de faire briller le plancher.
On les regardait tous faire, et plus les remarques risibles des geôliers étaient acerbes, plus les trois mecs rougissaient de rage. De leur entrée musclée il ne restait plus que des chimères, vieux souvenir d’une suprématie qui leur semblait acquise. Maintenant ils faisaient plus pitié qu’autre chose, et pour moi, cela portait son lot d’émotions, car la leçon d’humilité était flagrante. Quelques minutes plus tard, quand le ménage fut fait, nous regagnâmes la cellule, tandis que des inspecteurs de police commençaient à investir les lieux pour emmener les détenus à déférer au tribunal. Ma surprise fût grande de voir Mou3awiya se faire héler, lui qui ne devait être présenté devant le procureur que Vendredi, comme moi, pour rejoindre le lot, avec sa petite armée de copains. Surpris, tout comme moi, au début, on lui fit comprendre que son père s’était arrangé pour lui faire quitter les lieux, et qu’il allait être libre dans pas longtemps.
En partant, Mou3awiya me fit les bises ainsi qu’à l’Imam, et me fit comprendre qu’il allait me rendre visite un de ces jours au bureau. Moi, je faisais mine de lui rendre les amabilités, mais en fait je ne pensais qu’à une chose, une remarque que peut être, j’étais le seul à faire. Dans le coin, les trois « femmes » nous regardaient avec un rictus aux allures peu rassurantes…
Interruption de Programmes…
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 15 novembre 2009
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Je suis désolé de cette interruption momentanée des programmes, due à la nécessité où je me trouve de rebondir sur deux faits qui ont marqué cette journée. Deux horribles crimes commis par des marocains, excédés, certes, par la médiocrité de leur pays, mais aussi sacrément fous pour oser exprimer librement leur opinion, là où d’autres taisent leurs gueules et pètent tout bas ce qu’ils auraient aimé roter tout haut… Je sais, la métaphore que je viens d’utiliser n’est pas très saine, mais bon, vous en conviendrez, j’ai un peu trop consulté mon gastroentérologue ces derniers jours, et j’ai chopé un sacré tic de langage…
Soit, venons à nos moutons – là je n’ose même pas vous dire que le mouton on va réellement y revenir dans quelques jours, et bonjour les dégâts- et parlons de ce pourquoi je suis venu vous priver de mes histoires personnelles et mes récits amoureux. La chose est énorme, tellement énorme, une première…non des premières, puisque ce sont deux faits et non un! On dirait qu’ils se sont mis d’accord, pour ébranler la foi de brebis que le Maroc a imposé à ses citoyens, où qu’ils ont adoptée eux mêmes, sans mode d’utilisateur: le silence!
Oui, ce soir, deux faits séparés, mais tendant vers le même but -d’ailleurs, l’un des criminels a réellement marqué un but avec tout ce qu’il y a de footbalistique dans l’expression- ont fait bouger les choses, et je n’ose même pas dire qu’ils ont montré le chemin. Je ne veux pas passer pour un E-branleur de foi moi, ça c’est le travail de Benchemsi… Enfin, Saint ARB pour les intimes…
Je disais, donc, bavard que je suis, que les marocains, ceux qui ont la télé et Internet muni d’un compte facebook réglementaire ont pu admirer deux vidéos non des monidres. Sales Criminels (là je parle de tous ceux qui ont regardé cette vidéo et ont aimé)!
Attends cher lecteur, ne sois pas impatient, je suis peut être entrain de rédiger mon dernier billet, alors laisse moi kiffer un peu la chose blogatoire avant de commencer à prendre des couleurs. Je finirais toujours par te dire de quoi il s’agit, et je te promets que ce n’est pas un canular mais bel et bien une réalité qui s’est passée au Maroc, a été filmée et même commentée en direct à la télé, pour la première en tout cas, la deuxième je ne sais pas si ça a été diffusé mais sur facebook, je ne vous raconte pas les réactions des marocains! Fanatiques comme toujours…Ah ces marocains, si je les attrape moi!
Commençons par le premier crime – et c’en est vraiment un dans la loi, du moins un délit- un gosse, certainement un sans foi, un nihiliste et un neufpourcentiste sur lequel je crache comme un chien, a tout simplement vexé les lions de l’atlas, euh…attends les chats c’est des lions? Oui? Alors il a profondément heurté les feelings de nos chers matous, qui ronronnaient docilement, au pied des vrais lions indomptables au cojones bien dodues, en allant planter un but de ses propres pieds aux camerounais, lassé qu’il est criminel de sa race d’attendre sagement qu’on lui explique que le football ce n’est pas toujours gagner. Je ne sais pas pour vous, ni pour lui, mais sur ma télé à moi, le maroc a gagné 7-0 et il est qualifié depuis des lustres au mondial africain…Oui oui, je vous jure que ce que j’ai de plus cher que c’est la vérité…D’ailleurs sur ma télé, le Maroc a déja gagné la CAN 2010, et si vous me croyez pas, venez défier mon petit frère sur plastation! Même au brésil, le Maroc plante au moins Six buts, KAKA peut se rhabiller! Aie! J’ai oublié de vous dire, que le public, tout le public de Fes, qui est une ville diablement nihiliste, a salué le geste de ce gosse! Les 9% en ont fait du travail dit donc!
Plus tard dans la soirée, et là mes chers, préparez vous vraiment à recevoir le choc de votre vie, éloignez les animaux de l’écran et les individus cardiaques, tous sont susceptible de mort subite à ce qui suit. Une bande de salauds, de castrateurs, d’anti-libertaires, de bachibouzouks, marins d’eau douce et j’en passe des meilleures, ont interrompu le discours, que dis-je là, LE GRAND DISCOURS de futur Hadj Naciri, pas said, non Khalid! Attends, ils n’ont pas interrompu ce discours n’importe comment, mais en arborant des nez de clowns et des pancartes avec, écrit dessus ,quelque chose que je n’ai pas pu lire, mais qui ne m’intéresse pas, plus que ce qu’ils ont osé, les sales nihilistes, dire au gentil ministre de la communication, lui qui fêtait son jour de l’an avec un gros cadeau délivré à un journaliste de la MAP! Vous voyez, le ministre n’a rien fait de méchant, pourtant, ces libertaires à la con s’arrangent toujours pour nous casser les pieds et nous saper le moral! Et alors, si des journalistes vont en prison et des journaux fermés?! Rien de méchant je vous dit! Au moins, je ne serais plus le seul à raconter les Récits de derrière les barreaux, et je n’aurais plus de monopole -ce qui est une grosse preuve de démocratie économique en attendant la démocratie tout court- puis ça fera une occasion qu’il y ait de nouveaux journaux, donc de nouvelles créations d’emploi, synergie, bla bla bla… Vous voyez?!
Inutile de vous dire que monsieur le ministre a tendrement rappelé à ces gens, qui n’ont pas étés embarqués ni n’ont souffert d’aucune lésion rectale (légendaire), qu’il était fier de ce Maroc, où il leur était permis de faire ce qu’il ont fait. C’est bizarre, mais je l’ai senti un peu acerbe lorsqu’il a prononcé cette phrase, et je pense que c’est l’effet de la circulation, un peu dense à Rabat, ces derniers temps à, cause du tramway.
Non, il ne l’a pas dit à contre coeur, nihiliste va!
Ps: Les vidéos, je ne les ai pas…enfin si, mais je ne peux pas les publier, j’ai pas le temps! Je regarde Al9anat Assaghira, la seule télé vraiment vraie au Maroc!
Thallaw!
Récit de derrière les barreaux (6)
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 12 novembre 2009
Je n’avais pas beaucoup mangé ce jour là, et cela me réjouissait… J’avais faim, mais je continuais à me calmer l’estomac avec des lampées d’eau et des cigarettes pour ne pas devoir manger, car ce qui rentre dans l’estomac doit en sortir et c’est là que l’histoire révèle sa moralité. Les toilettes ! Pour pisser ce n’est pas un problème, c’est facile de se défaire de son urine debout ou accroupi et c’est vite fait. Cependant, quand il faut passer aux affaires sérieuses, l’humanité en prend un sacré coup et l’on devient proie à sa propre nature…Jamais je n’ai cru pouvoir apprendre autant de leçons, rien qu’à méditer le passage au petit coin, pourtant c’est un geste que je fais tous les jours, qui cadence votre quotidien à vous tous qui me lisez. Or, dans les situations pareilles à celle où je me suis trouvé ce jour là, même une chose aussi simple prend des allures philosophiques et l’on commence à la voir venir de loin, tel un mastodonte qui voile la lumière et réduit la vue…J’ai passé presque une heure (sur l’échelle de la prison c’est quelque chose comme une demi journée), à réfléchir à cette question car je n’avais jamais encore vu personne déféquer devant moi. On ne regardait pas les gens faire, du moins quelques uns qui avaient du respect pour l’autre ou juste du dégout face à une telle situation, pourtant il y’en avait qui adoraient reluquer un tel spectacle. Comme il ne se passait pas grand-chose entre une nouvelle vague de clients et une autre, on s’occupait comme on pouvait, et regarder un mec chier, était une partie de plaisir réservée à un public prêt à tout consommer, pourvu que ça l’aidasse à passer le temps et à rigoler, avec les effets sonores et les faciès que produisaient certains acteurs. Je sais très bien que pour vous, cela relève d’une mesquinerie absolue, mais croyez moi, ceci est une grande leçon pour tous. Cela vous apprend que la dignité n’a pas de prix !
Après la bastonnade, et quand les choses se furent calmées, la cellule a retrouvé un calme relatif, seules les conversations à voix basse continuaient à meubler le silence des lieux. Les flics s’amusaient à faire les mots fléchés ou croisés, tandis que ceux qui avaient trouvé le sommeil ronflaient à pleine narine. Moi, je regardais le plafond en essayant de reposer mon dos et mes fesses qui ont souffert durant tout le temps que j’avais passé à hésiter à m’allonger sur les couvertures douteuses qui me servaient de literie. Je ne me rappelle plus comment ni quand j’ai été conquis par Morphée, ni combien de temps mon sommeil a duré, lorsque le claquement de la porte me réveilla. Un nouveau client a été amené par les policiers, et celui là personne n’a pu le toiser ni lui dire quoi que ce soit. Tout le monde le regardait avec un air éberlué, surtout avec beaucoup de respect, enfin osons le mot…pitié ! C’était un vieil homme, d’une allure très respectable, vêtu d’une djellaba noire, et sa tignasse ponctuée d’une barbe, blanches comme neige, lui donnaient un air de père Noël marocain, surtout lorsqu’il lança un Salamoualaykoum de sa voix grave.
L’entrée de cet homme, dans ce lieu, allait reverser toute la donne pour moi. Dès que je l’eusse aperçu, je me suis senti comme libéré d’un poids. Je ne sais pas pourquoi, mais cet homme avait une aura protectrice, qui m’a vite submergé et apaisé le cœur. Il ne déclina pas mon invitation à partager mon coin, sans doute, parce que je lui paraissais plus fréquentable que la compagnie qui ne lui aurait pas refusé un tel partage s’il le leur avait demandé. Tout le monde respecte les séniors, même les plus durs des criminels sont presque pliés en deux face à cet homme ou un autre de son âge. Un paradoxe qui tient de notre religion, de notre culture ou de notre société patriarcale. Soit, il me faisait bon de l’avoir comme voisin et surtout de trouver enfin un individu de ma « classe » avec qui partager les longues heures qui me restaient à passer dans cet endroit. Je me présentais à lui racontant presque tout mon périple depuis le bureau jusqu’à la geôle, tout en feintant de me désintéresser de son histoire. Ce qui l’a amené à fouler cette cellule, m’intéressait, surtout avec la série de billet qui commençait à se peaufiner dans ma tête et dont ne me privait que l’absence d’un moyen de transcrire les faits que je vivais. Ayant compris, vite fait le but du jeu, le monsieur me laissa à peine finir mon histoire, qu’il commença par me dire qu’il était Imam de mosquée à Casablanca et que pour faire des travaux chez lui, il a dû emprunter de l’argent moyennant un chèque… Je vous laisse imaginer la suite. Le montant était gros, et ce vieillard m’avait raconté qu’il n’avait qu’une fille, encore en scolarité et que personne de sa famille ne pouvait l’aider, pourtant, il ne semblait pas avoir peur, ni paniquer à l’idée de passer plusieurs mois derrière les barreaux, si les choses tournaient mal et que le plaignant ne retirait pas sa doléance. De cet homme se dégageait une force et une foi inébranlable, face à une fatalité comme la prison, et moi je paniquais depuis des heures pour une futilité paraissant de la taille d’une puce devant la montagne que je venais d’écouter. J’oubliais vite mes peines, et commençai à réfléchir à comment l’aider, comment faire pour qu’il n’endurât pas l’incarcération. Je pensais à Abdelkaddous, à Driss et à tous les amis qui pouvaient contribuer à cette charité, plutôt à ce devoir d’aider un homme qui aurait pu être notre père, et je priais dans mon fond que son adversaire lui accordât une grâce généreuse, par des temps où la pitié est devenue une denrée très rare.
Le muezzin appelât au fajr, nous ne l’entendîmes pas, mais un des geôliers vint réveiller le vieillard, pour le lui dire. Ce dernier se leva et instinctivement m’invita à faire la prière avec lui. Je le regardais avec un air hésitant, au début, parce que n’ayant pas prié depuis le matin du Mercredi et puis vu l’insalubrité de l’endroit, mais je finis par le suivre. Le policier nous ouvra la porte, et nous conduit à la sale d’eau réservée aux employés, rudimentaire mais plus propre que celle que nous avions dans notre cellule. Nous fîmes nos ablutions et notre gardien nous invita à faire la prière dans une chambre qui servait de dortoir aux policiers. Après avoir étendu sa propre couverture par terre, il se désarma, ôta ses chaussures et vint a coté de moi tandis que notre Imam pris les devants. Je me chargeai de l’Ikamat Assalat, le vieillard commença à réciter le coran d’une très belle manière, et brusquement, les barrages tombaient entre policier et détenu, nous devînmes tous égaux devant Dieu, le temps d’une prière. C’était tellement reposant, tellement beau et bon que j’avais souhaité que cela durât plus longtemps. Je me sentais libre, enivré par les versets que j’écoutais et je ne pouvais pas retenir les larmes qui vinrent chuter de mes paupières, pour me rappeler que c’est justement en me déviant du droit chemin que j’en étais arrivé là…
Mon papa n’est pas mort…
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 9 novembre 2009
Tous les dimanches matin, dès que le muezzin eut appelé au fajr, je me réveillais en compagnie de grand papa, avec qui je passais la nuit à écouter la radio. Nous faisions nos ablutions, enfin lui faisait les siennes, moi je le singeais tant bien que mal, tandis que grand maman, elle, avait déjà préparé le délicieux m’semen et s’occupait à préparer la djellaba de sidi Addellah et sa canne qui lui servait plus à imposer un respect que tout le monde lui vouait, lui qui était un grand homme dans tous les sens. Mon grand père était mon idole, je le lui collais aux pieds et essayais d’être son égal. Il lisait beaucoup, surtout le coran, et avait une habitude très spéciale, tous les dimanches…
Me lever de si bonne heure était un plaisir pour moi. Je me délectais du m’semen pendant que Gand papa s’habillait pour aller à la mosquée, et dès que ce dernier était paré pour sortir, je m’empressais d’enfiler mes souliers et de lui prendre la main. Dehors, tous ceux qui partaient vers « Jamaa Moulay Alhassan », saluaient mon père avec beaucoup de chaleur et de respect et me collaient des bises ou me caressaient les cheveux tendrement. J’étais fier d’être le fils de cet homme qui était le gendre de l’homme qui me tenait la main, particulièrement quand les gens m’appelaient « weld Chahide »…
Dans la mosquée, je regardais les hommes se plier à une rigueur religieuse que je ne comprenais pas encore, mais qui me fascinait par la chorégraphie et surtout par la mélodie du coran psalmodié à la façon marocaine, par l’imam qui n’était autre que le frère du mari à la tante maternelle de Maman. Dans ma famille maternelle, presque tous les hommes étaient des Imams, des fkihs ayant appris le saint coran et officiant dans les mosquées un peu partout entre Essaouira et Kenitra. Mon grand père était le seul à avoir choisi de faire autre chose, après son retour de la guerre mondiale. Il faisait l’intérim parfois de certains Imams, mais n’a jamais voulu en faire un métier à part entière, même s’il ne faisait rien depuis sa retraite.
Sidi Abdellah ben lhachmi Essbai, était un homme qui surplombait tous les autres par sa taille élancée. Il avait une voix rauque mais il parlait sur un ton apaisant et doux. Il portait toujours un chapeau dit watani, et une djellaba en laine, blanche les vendredis, et de couleurs diverses en semaine. Le dimanche, c’était la djellaba makhzania, qui lui servait de parure officielle en tant que membre du club des anciens combattants de Kenitra. Maman prenait toujours, le soin, de me dire de ne pas faire de bêtises quand j’allais avec grand papa à cet endroit. Elle me disait que je devais bien me comporter pour qu’elle soit fière de moi, et pour qu’elle m’achète le vélo dont je rêvais…
Une fois la prière finie, et avant de rallier le club où pendant toute la matinée, les anciens combattants de l’armée française et de l’armée de libération allaient se raconter des histoires, les mêmes de tous les dimanches, en jouant aux cartes, au dames ou aux dés ; nous partions au café Tanjaoui, où nous prenions notre petit déjeuner, en compagnie d’autres hommes tous parés d’insignes, comme celles qu’arborait fièrement mon grand père. Cela me rappelait une médaille que maman gardait précieusement et à laquelle je n’avais pas le droit de toucher, elle trônait sur la vitrine du hall, entre le portrait de mon papa et son diplôme de TOP GUN. Je me rappelle, encore, de ce jour, où après m’avoir bien habillé, ma maman m’avait pris la main durant tout le trajet que nous avions fait à bord d’une jeep de la gendarmerie, pour que je n’aille pas taquiner la crosse du pistolet du gendarme qui me fascinait beaucoup. Les mains moites de maman semblaient pleurer les larmes qu’elle n’osait plus verser, et qu’elle remplaçait désormais par un sourire courtois, à tous les gens qui avaient pris place à coté de nous, dans une grande salle, où plein d’hommes en uniformes étaient assis en face de nous sur une estrade, pendant que l’un deux, aux épaules étoilées, faisait un discours longuement applaudit par l’assistance. Des hommes défilèrent, ensuite, sur l’estrade, et après leur avoir rendu le salut militaire et serré la main, l’homme aux étoiles sur les épaules, leur accrochait des insignes sur la poitrine, tandis qu’eux, gonflaient la poitrine fièrement avant de se tourner vers nous, et nous adresser un salut militaire. Je regardais ce défilé avec un air amusé, quand maman se mit debout et marcha vers l’estrade, me tirant dans la lancée, derrière elle. Nous escaladâmes les trois marches sous les applaudissements et nous nous retrouvâmes devant cet homme qui nous saluât avec beaucoup de respect. Il prit une jolie médaille en forme d’étoile, pareille à l’étoile verte du drapeau qui était mon premier exercice de dessein à l’école et en mettant un genou à terre, il vint l’accrocher à ma poitrine. Il me prit ensuite par les épaules, me fit les bises, et me dit : « Ton papa tenait à ce que tu aies cette médaille à sa place, et tu dois savoir, que nous tous sommes tes papas désormais…Ton papa n’est pas mort ! »…
En descendant les marches, toujours en tenant la main de maman dont les larmes avaient cessé de couler depuis longtemps, les miennes s’abattaient de mes paupières en contraste avec le sourire que j’affichais fièrement pendant que les hommes en faction, rendaient les honneurs au martyr, armes à l’épaule, à notre passage devant eux…Depuis ce jour, et chaque dimanche, lorsque je partais au club des anciens combattants, je n’étais pas l’enfant que tout le monde voyait, mais un petit homme qui ne rêvait de revenir un jour dans ce lieu, avec plein d’insignes sur la poitrine et d’histoires de guerre à raconter…
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