Archives de la catégorie Docteurho
Le jour de ton départ…
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 3 février 2012
…Six hommes en uniformes, te portèrent ce jour là, couvert de ton drapeau rouge au milieu duquel trônait fièrement l'étoile verte. Ton béret te couvrait, encore le chef, la dernière fois que je t'ai vu, mais là il est entre les mains tremblotantes de maman…Tourmente! Je me perds dans mes idées, là, en plein milieu de ce brouhaha. Je vois ces gens qui sont des amis, tes amis, tes frères et sœurs, mes oncles et mes tentes. Je vois aussi plein d'autres inconnus mais toi je ne te vois pas…Où es-tu ? Je cours dans la chambre, où je l'ai vue elle. Elle qui tout de blanc vêtue, s'empressa de me prendre dans ses bras, m'embrassa, m'enlaça fort, et me huma à pleine narine comme pour chercher une odeur, profondément encrée en moi, ou simplement vérifier si j'ai gardé mes vêtements propres. J'aime quand elle me prend dans ses bras, j'aime quand elle me couve de sa chaleur, et j'aime aussi son odeur qui ressemble au jus de fruits que grand papa m'achète lorsque je pars avec lui au café les dimanche matins. Lire la suite »
Papa n’est pas mort…
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 1 février 2012
Tous les dimanches matin, dès que le muezzin eut appelé au fajr, je me réveillais en compagnie de grand papa, avec qui je passais la nuit à écouter la radio. Nous faisions nos ablutions, enfin lui faisait les siennes, moi je le singeais tant bien que mal, tandis que grand maman, elle, avait déjà préparé le délicieux m’semen et s’occupait à préparer la djellaba de sidi Addellah et sa canne qui lui servait plus à imposer un respect que tout le monde lui vouait, lui qui était un grand homme dans tous les sens. Mon grand père était mon idole, je le lui collais aux pieds et essayais d’être son égal. Il lisait beaucoup, surtout le coran, et avait une habitude très spéciale, tous les dimanches… Me lever de si bonne heure était un plaisir pour moi. Je me délectais du m’semen pendant que Gand papa s’habillait pour aller à la mosquée, et dès que ce dernier était paré pour sortir, je m’empressais d’enfiler mes souliers et de lui prendre la main. Dehors, tous ceux qui partaient vers « Jamaa Moulay Alhassan », saluaient mon père avec beaucoup de chaleur et de respect et me collaient des bises ou me caressaient les cheveux tendrement. J’étais fier d’être le fils de cet homme qui était le gendre de l’homme qui me tenait la main, particulièrement quand les gens m’appelaient « weld Chahide »… Lire la suite »
C’était un jeune marin…
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 29 janvier 2012
…C’était un jeune marin, qui revenait de guerre. Qui revenait de guerre, avec son régiment, pour aller voire Adelle. Adelle, sa bien aimée…Cette chanson me revient à la tête à chaque fois que je plonge dans mes souvenirs. Ses paroles étaient juste des mots pour les bambins que furent mes camarades de classe, mais pour moi, chaque mot avait sont poids. J’imaginais ce jeune marin, et j’imaginais Adelle. Je sentais le malheur que vivait se pauvre petit soldat à chaque fois qu’il allait voir les parents de sa bien aimée et que ceux-ci, lui disaient qu’Adelle n’était plus. J’étais peut être le seul qui attendait qu’un jour, en chantant, la maîtresse, finisse par dire que le jeune marin trouva Adelle, drapée dans sa robe blanche de mariée, parée de son bouquet de fleurs, l’attendant, avec un sourire angélique et un coeur regorgé d’amour et de passion.
J’avais 3 ans et des poussières quand maman m’inscrivit à l’école. Un jour, de bon matin,après le petit déjeuner, elle me mit mes nouveaux vêtements, achetés la veille, me coiffa, me parfuma et me prit la main pour aller dehors. Une voiture, avec plein de petits enfants comme moi, qui regardaient par les fenêtres , était stationnée au coin de la rue; un endroit que je redoutait, puisqu’on m’interdisait de le dépasser lorsque je jouais dehors. Maman parla un peu avec une jolie dame qui a ouvert la porte de la voiture, puis me présenta à elle et vlan je changeais de main, moyennant deux bises sur la joue et un au revoir sec et froid de ma génitrice. La porte se referma, la voiture démarra et pour la première fois de ma vie j’étais loin de mes proches, substantiellement abandonné à des gens que je ne connaissais pas voguant vers l’inconnu, enfin c’est ce que je pensais, en ce moment là, livré à moi-même, et à cette jolie dame qui sentait bon. Remarque: j’ai toujours eu un faible pour les femmes qui sentent bon, un truc qui m’a suivi dans toute ma vie et je…je vous dirais plus tard.
Humains, trop humains…
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 8 janvier 2012
Quand je me suis mis, finalement, à écrire, je ne savais pas vraiment combien de temps s’était passé entre mon entrée dans cet endroit, et l’instant où j’ai tracé la première ligne sur cette page. J’étais assis à cette table, et je me suis laissé aller à un songe ayant découlé de la contemplation de tous les éléments qui m’entouraient. Il y’avait là, des gens, beaucoup d’ailleurs pour un café si petit et si mal situé en ville, mais ils semblaient tous bien à l’endroit, comme si ce lieu était leur monde, leur seconde demeure. J’essayai d’écouter leurs discussions éparses et le brouhaha qui en résultait, car leurs aspects avaient fini par ne plus être aussi intéressants, car je n’en étais accommodé, quelques minutes à peine, à les étudier. Je dis étudier, parce que je suis venu dans ce café, avec une pensée précise. Je suis revenu à un passé de ma vie passée, avec un œil nouveau, un peu comme celui du pèlerin, imbu de réflexion et de méditation, inquisiteur à l’insolence de l’indiscrétion même. Ce monde là, fut le mien, et en tentant de le comprendre, je me comprendrai, au moins je verrai peut-être mon ancien moi, tel que je l’ai vécu, ou que je croyais le vivre. Ce café où je suis à présent, était le seul café littéraire de la ville de Kenitra. Il était notre quartier général, à mes amis et moi. Aujourd’hui, il l’est toujours, quelque part, bien que la décoration ait changé, et que la vocation l’ait suivi, en un revirement stupéfiant. Il est devenu un café aux putes ! Pour être précis, un café littéraire aux putes !Désir…
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 7 janvier 2012
L’envie, cette sensation si dure à exprimer et à justifier, tant par sa nature singulière qui la rend moins belle que l’amour, pourtant elle ne s’en dissocie pas. L’envie est aussi amour si l’on sait flatter ses phrases, par un verbe savant, ayant ce qu’il faut de tendresse pour dessiner des images, au candide de la chasteté doublées du rouge de la sensualité. Désirer sans aimer, est-il un crime? Aimer sans désirer aussi? Je ne saurais répondre à ces questions, car j’ai perdu le sens des sentiments, depuis que ma joie de vie est partie un jour, sans me dire au revoir, et que mes mots ont décidé de se faire plus beaux, outrés par une tristesse qui a fait de moi ce que je suis depuis ma naissance, et qui revient après 32 ans me rappeler de l’enfant que j’étais. Lire la suite »
Je joue à l’écrivain…retour aux sources!
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 5 janvier 2012
…Et je rêvai, encore, de ce livre que je n’ai jamais écrit. J’en rêvais, toutes les fois, où je me gavais de lectures orgiaques. Je lisais beaucoup, et je lis encore, tous les jours, dans tous les lieux, jusqu’à la lie de ce verbe que ces Messieurs ont dompté, et on réduit à la Merci de leur talent, pour faire de leurs plumes, les messagères fidèles de leurs pensées, leur folie et leur sagesse !
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