Sous le Hijab…un string et alors?
Un string à la main, Malika (*) slalome entre les rayons. Elle jette un regard sur une guêpière, s’attarde sur une nuisette transparente et finalement se décide pour un soutien-gorge ultrapigeonnant. Autour d’elle, les autres clientes la fixent, l’air aussi surpris qu’amusé. C’est que la jeune femme de 28 ans détonne un peu au milieu des filles “ultrafashion” en jean moulant : hijab noir strictement serré autour du cou, austère djellaba et corps caché jusqu’au moindre centimètre carré de peau, on l’imaginerait davantage en train de lire pieusement le Coran à la maison que courir les magasins de lingerie fine. “Cela peut surprendre, mais une grande partie de mes clientes sont des femmes voilées, à l’apparence très pieuse. Elles veulent des strings, des nuisettes transparentes, des dessous bien plus sexy que nos clientes lambda”, s’amuse Meriem Zraidi, responsable du magasin La Senza à Casablanca. (source le journal Hebdo)
Pourtant, toutes ces images là, que la culture marocaine véhicule autour de la femme voilée, ne sont que des stéréotypes gratuits et dénués de tout sens. Le voile au Maroc, n’est pas toujours une question de principe, mais une “situation”, dans le cas où la fille n’a pas le choix religieux de se vétir ainsi, mais obéit à des ordres directs du père de l’époux ou d’une tutelle quelconque. Je ne vais pas trop m’attarder autour de cette question, pour ne pas spolier le sujet. Je vais, donc, me contenter de parler des femmes qui ont fait le choix de porter le voile islamique par conviction.
Des femmes comme toutes les autres, avec les mêmes sentiments, les mêmes besoins, les mêmes pulsions, mais qu’on prend tout bonnement pour des réfrigérateurs ambulants et à qui on colle des étiquettes qui ne sont pas les leurs. Et pour cause! Les marocains ont du mal à imaginer que la vie est plus simple qu’elle n’en a l’air et continue à cultiver des idées fausses, basée sur des non dits et plein de préjugés. Pourquoi est ce qu’une femme voilée choque dans une boutique de lingerie? Pourquoi est ce qu’un barbu qui achète un flacon de parfum signé, subjugue des regards effarés?
Délurés, les barbus et leurs épouses ? Pas toujours, mais dentelle et érotisme sont, plus souvent qu’on ne le croit, au rendez-vous quand on soulève le voile. Le regard pétillant sous le sombre hijab, Malika raconte comment ses journées sages se transforment en nuits torrides, une fois le palier de la porte franchi : “Je suis très religieuse et je suis les textes sacrés à la lettre. Dans la rue, aucun homme n’a le droit de me toucher ou de voir ma peau. Mais chez moi, je m’autorise presque tous les plaisirs.”
Porter le voile ne veut pas dire s’oublier pour autant, ni même tout simplement être religieux et basta. La religion et ses aspects extérieurs comme intérieurs n’inhibent pas les plaisirs et même que l’islam encourage les hommes autant que les femmes à profiter des délices, tous les délices dans le cadre conjugal et halal. Une femme voilée a le droit de porter ce qu’elle veut pour son homme, comme elle exige que ce dernier fasse autant pour elle. Elle vit sa vie comme toutes les femmes du monde, avec la reserve très simple et qui ne semble pas être comprise de ne pas s’afficher devant tout le monde.
Le grand flou dans cette histoire est le fruit d’une grande incompréhension de la religion. Les gens ne lisent pas suffisamment les textes religieux et les interprètent mal, au point de bâcler leurs vies et celles des autres. Le culte de la hchouma et du Haram véhicule beaucoup de notions erronées, toujours appuyé par une conditions sociale mitigée qui se refuse à la demi-mesure. Une populations de clichés endoctrinés jusqu’à la moelle épinière!
Si une partie des islamistes les plus pratiquants s’autorisent une vraie sexualité au nom de l’islam, d’autres travestissent les textes pour en faire un carcan où le plaisir est banni et où la femme n’est pas mieux considérée qu’une vulgaire poupée en latex. “Je reçois beaucoup de femmes qui sont obligées de se donner à un mari sans égard, car on leur a dit que le Coran leur interdisait de se refuser à lui. Elles sont utilisées comme objet sexuel. Elles se sentent salies, mais l’acceptent au nom de Dieu. Il s’agit pourtant de véritables viols conjugaux”, dénonce le psychiatre et sexologue casablancais Mohamed Tyal. Alors que dans le Coran les témoignages abondent sur la nécessité d’une sexualité épanouissante pour les deux. “Le Prophète, qui était apparemment un bon amant, a lourdement insisté sur l’importance des préliminaires et du plaisir de la femme”, rappelle Mohamed Tyal.
Profiter de la vie n’est pas contraire à la religion, et ni le Coran ni le Hadith ne sont allés interdire quoi que ce soit à part la sodomie et les rapports durant les menstruations. Ceci dit, il est très rare que l’on parle de cela et ce à cause de tous les tabous qui etouffent notre cadre de vie à l’orientale. Il faudra cesser de tout mélanger et de croire que la vie est plus simple qu’elle ne le semble. La religion n’a jamais été un frein aux plaisirs licites, mais au contraire, un guide et une foire aux questions, à même de nous aider à bien négocier toutes les facettes de notre existence.
(*) Les noms ont été changés à la source pour preserver l’intimité des personnes ayant accepté de témoigner au titre de l’enquête menée par le Journal-Hebdo.









11 novembre 2008 à 14:21
On trouverait n’importe quoi pour justifier les agréables petits à-cotés de la vie, même les plus coquins!
Mais alors pourquoi interdire le chant, la télé, la mixité, le dessin, le théatre, etc…etc…
PS : je n’aurais jamais pensé que tu ferais de la pub pour le Journal et surtout pour un sujet comme celui-là!
11 novembre 2008 à 15:26
Encore un de ces articles qui servent à écouler du papier glacé, apparemment, c’est la tendance chez les magazines marocains, ils ont découvert la recette qui fait tourner les rotatives : le sensationnel.
J’ai été un lecteur de Telquel, même si je n’ai jamais partagé leur ligne éditoriale, j’ai arrêté de l’acheter et pour cause, il ressassé les mêmes sujets : sex , religion,…
Aussi, j’ai été un lecteur d’Economie et Entreprise, j’ai arrêté de lire quant j’ai constaté que les articles versés dans le publireportage.
Bref,les magazines marocains c’est Walou de chez Walou.
Paroles d’un Zèbre
11 novembre 2008 à 15:39
@ RDB
Pour une fois que t’as raison en dénonçant des préjugés…
Mais, il faut aussi dénoncer ceux qui, en voyant les agissements d’un libertaire, se croient permis de le juger “pervers”, “mécréant” et j’en passe. Ca marche dans les deux sens je pense, et toi ?
@ hmida :
Hélas oui ! C’est la loi du strict nécessaire. Or pour eux (les intégristes) la culture n’est pas nécessaire…
11 novembre 2008 à 16:10
@spyjones: Oh mais un libertaire EST un pervers, un mécréant et j’en passe… ne joues pas au plus fin, il est pas incompris le pauvre ou taxé d’une image…IL est libre c’est vrai mais il est ce qu’il est…c’est à dire en écart!
11 novembre 2008 à 16:37
moi je trouve le string sous le hijab tresssssssssssssssss sexy !!
11 novembre 2008 à 18:56
agharass: ça dépend! si t’arrives à le voir je te l’accorde :))
RDB: si tu comptes te mettre au string maintenant vas y! pas la peine de te justifier, personne ne te jugera :))
11 novembre 2008 à 19:39
waaayli : oui je l’ai vu et c’est plus bandant qu’un string qui s’échappe d’un vieux Jean :p tu peux pas savoir !!
11 novembre 2008 à 22:07
@waaayli: baykhaaaaaaaaaaaaaaa…
@agharass: Malna 3la tekhssar Lhadra, ach bandant ma bandant… yakma t’oublies chez qui tu es.. le calash n’est pas loin de ma portée attansiou
11 novembre 2008 à 23:44
c’est curieux mais pourquoi ce sont toujours des hommes qui nous apprennent ce qu’est une femme voilée. y a plus d’écrits par les hommes sur le sujet que les intéressés elles mêmes.
a rajouter à la liste des stéréotypes: les hommes parlent pour les femmes voilées.
12 novembre 2008 à 7:29
@ Larbi
Non monsieur.. le Hijab ne concerne pas uniquement les femmes, c’est une affaire d’ordre publique..
Donc:
a rajouter à la liste des stéréotypes: les hommes parlent pour les femmes dans toutes les affaires d’ordre publique
14 novembre 2008 à 11:18
@Larbi: je ne vois aucun problème à parler de la femme ou pour la femme qu’elle soit voilée ou pas…Le but est d’eclaircir un point et c’est tout
@Simpledespry: Tu as raison mon ami, partout que des stéréotypes!
14 novembre 2008 à 17:56
Comme tout ça est bizarre ! Tu as parlé de plusieurs choses, et pourtant, presque tout le monde n’a répliqué que sur ton string. Moi, non pas que je sois totalement rassasié côté “string”, loin de là, mai j’ai flashé sur une phrase pourtant pleine de sens - et de contresens - et que, te connaissant bon polémiqueur et sacré provocateur , tu l’as insérée à bon escient. Je te re-cite : “le voile au Maroc, n’est pas toujours une question de principe, mais une “situation”, dans le cas où la fille n’a pas le choix religieux de se vétir ainsi, mais obéit à des ordres directs du père de l’époux ou d’une tutelle quelconque”. Et ben, tu vois, cette fois-ci, ça n’a pas pas marché. Et même moi, et malgré la regrettable grande sympathie que j’ai pour toi, pour t’emm…der, je ne vais pas te relever tes propos si…rétros.
ML… string minimum
Quant au string sous le voile, si c’est vraiment un voile-voile, c’est-à-dire, qui dévoile, je suis… voyons, voyons, je suis … voyeur, et si affinités, je suis preneur.
14 novembre 2008 à 17:59
@Ml: toujours aussi pimpant ton verbe, mais saches que je n’ai pas trop cherché à polémiquer mais juste à attirer l’attention sur le fait que la femme voilée reste toujours une femme comme les autres et qu’il n’est pas besoin d’en faire toute une histoire.
19 novembre 2008 à 10:42
Forcèment, on imagine plus facilement que sous le pantalon ou la bâche noire qui fait office de jupe chez une voilée, il y aura une culotte de grand mère ! Trop facile ! J’aime bien journal hebdo, mais alors là, ça tombe un peu bas! Moi l’incorrigible nympho, je dis qu’il y a plus grave dans le monde que le string d’une voilée ! Pitié !
19 novembre 2008 à 20:17
Acheter des strings avec une burka sur la tête, why not? Ce qui me choque avec certaines (je dis bien certaines) voilées, c’est leur regard de braise (pour pas dire autre chose!), tournoyant à l’affût d’un bon coup, le visage outrageusement maquillé, jurant avec leur condition de femmes pieuses.
Les jeunes Marocains ont tendance a appelé cette espèce de voilée : “Les Iqraâ d’en haut et Rotana d’en bas”.
25 novembre 2008 à 13:49
Avec tout mon respect pour ta ferveur, cher ami RDB, je crois que le discours que tu tiens relève de celui de l’agora, c-à-d de la place publique avec tout ce qui y afflue et en reflue, c’est le souk à la fin. L’agora c’est le lieu où les athéniens ont forgé leur démocratie, au milieu du tumulte et de la criée et à la croisée de gens qui pensent à voite haute. L’idéal pour moi, pour celui qui veut défendre l’islam c’est d’adopter la logique voire la spiritualité du masjid, lieu où l’islam s’est forgé, avec sa sérénité, son recuiellement, sa sagesse. On ne change pas la société par la polémique au contraire on attise les subjectivités et les inimitiés même. L’Islam se défend par des moyens islamiques, par une méthode islamique. au lieu de dilapider ta force ça et là à critiuqre celui-ci à fustiger celui-là, à traquer les moulins, à attendre que Benchemssi change ou etc, au lieu de tout cela, il est préférable à mon sens de tenir, de cristalliser, de proposer un discours, un projet fondateur, qui “commence”, qui ne s’oppose pas qui dépasse. Surtout que ces revues et journaux sensationaliste leur premier but est de vendre pas de convaincre ou être convaincu…
25 novembre 2008 à 21:43
Le journal fait partie de cette presse clanique plaçant l’argument de vente dans la plage du sensationnel et du cliché …je ne parlerai pas d’instrumentalisation car il faudrait pour cela qu’on atteigne déjà un niveau d’élaboration un peu plus complexe dans cette daube informationnelle jetée en pâture à un lectorat en grande majorité impotent à mener la moindre déduction sans l’aide de la béquille du raccourci simpliste. Dire que beaucoup le qualifient faisant partie d’une « presse libre »…personnellement je dis que le père noël aurait pu être un excellent évangéliste vu le nombre d’adeptes fans qu’il continue à faire à travers des hordes que lui-même, malgré sa grande bonté, n’aurait pas manqué de qualifier de païens.
Sur ce coup, je te l’accorde doc, ils ont fait vachement fort. V’la qu’ils nous font découvrir un animal bizarre aux mœurs encore très méconnues et qui a élu domicile dans nos propres cités…jusque dans nos propres maisons, te rends-tu compte ??? On connaît déjà presque tout sur les us de la loutre de Californie et encore presque rien sur cet animal bizarre aux contours imprécis. Mais heureusement pour nous le journal est là. C’est vrai que nous n’étions pas loin de mourir idiot…sans jamais savoir que ces choses là pouvaient porter un string ! te rends-tu compte doc ? mille putois barbus ! Heureusement que le journal est là n’spa doc ? j’attends avec impatience le prochain numéro…p’tet qu’ils nous parlerons de la façon qu’à de s’accoupler cet animal fabuleux…parait qu’il a huit seins et une poche ventrale…vivement le prochain numéro doc….
kb…chez les spéléos du burkakistan
27 novembre 2008 à 23:00
[...] notre cher docteur du même nom (lui je l’appelle banane…témoignage d’une grand affection)…un plat très indigeste qui lui resta en travers de la gorge. Doc de chez qui, effet papillon oblige pour combattre le [...]