J’essayais de me retenir, de faire semblant de n’avoir rien vu et de passer mon chemin, comme on dit, mais j’ai pas pu. Je suis comme je suis, je suis fait comme ça, et preuve à l’appui, on ne peux pas se refaire, la nature l’emporte toujours. Paradoxalement, ce que je viens d’ecrire, peut facilement se conjuguer à la personne en photo, et pour cause. Mademoiselle Noor est et a toujours été un homme déguisé en femme et saint telquel le grand, vient aujourd’hui nous raconter l’histoire avec ce qu’il faut de piment pour attendrir un corocodile, si je puis emprunter l’expression du rédacteur de l’article.

Pour qu’on soit d’accord, dès le départ, et que les choses soient mises au clair, je ne suis absolument pas entrain de monter un lynchage publique contre Noureddine l’efféminé, et je m’en fous terriblement de ce qu’il peut faire de sa personne et des bouts de ses seins. Si j’écris ce billet, c’est bien parce que j’en ai ma claque de subir les affabulations d’ARB et compagnie. Car entre la vérité et le ridicule, telquel dessine toujours une ligne brodée de belles tournures et de concepts “modernistes”, pour faire passer le message ambivalent. Plus clairement ça donne que la débauche est un droit et que c’est même une forme très noble de lutte et de sacrifices. Tu parles!!

“Ma fille, je l’ai portée dans mon cœur, pas dans mon corps”. La formule attendrirait un crocodile. L’histoire de Noor aussi. Celle d’un homme devenu femme, d’un champion d’athlétisme transformé en mannequin, danseuse orientale, comédienne, coqueluche de la jet-set, puis maman. Enorme.

C’est pas très évident, je suis pas plus dur qu’un croco, mais j’ai beau lire, et je m’en trouve bizarrement indifférent, si ce n’est un sentiment de dégoût. Oh mais c’est peut être à cause de la barbe que je porte…dans mon cœur ! N’importe quoi! Le pire c’est que l’on trouve ça énorme et que l’on vous le sert comme un truc qui devrait vous toucher. Merde, n’y a-t-il plus rien à faire dans ce pays que de louer les tordus du cul ?

Dans la rue, Noor est une femme. Grande, belle, artiste jusqu’au bout des hauts talons qui portent son corps. Dans le civil, Noor s’appelle toujours Noureddine. “Ne me parlez pas de mon passé, il n’existe plus, c’est fini, c’était une autre vie”, clame l’artiste, souvent hors d’elle à chaque fois que des vocables comme “homme”, “Noureddine”, “passé”, sont évoqués. “J’ai choisi d’être ce que je suis, ce n’est l’affaire de personne, laissez-moi vivre en paix”. Après longue réflexion, Noor a entamé, il y a quelques années, deux procédures fortes, déterminantes, pour changer radicalement le cours de sa vie et tenter de se conformer à sa réalité de toujours : celle d’une femme. D’abord une intervention chirurgicale, en Europe, pour parfaire sa transformation (physique) en femme. “Mais je ne suis pas un objet sexuel, je suis simplement une femme, le reste ne regarde personne”, lance, autour d’elle, celle qui a délibérément opté pour le sexe féminin. La deuxième “opération” de Noor a lieu loin des couloirs des cliniques privées, dans un palais de justice, précisément à Agadir, ville dont l’artiste est originaire. La désormais femme “jusqu’au bout de ses seins”, comme dit la chanson, a intenté une action en justice pour tenter de changer d’état civil. “Quand j’effectue mes achats au supermarché, et que je signe mon chèque, la caissière me demande, en prenant tout le monde à témoin : mais, madame, c’est qui ce Noureddine au nom duquel le chèque est libellé ?”, confesse, émue, Noor. Femme dans le corps, dans la tête, Noor est restée homme pour les registres de l’état civil. “Parfois, à l’aéroport, un policier m’arrête pour crier devant tous les voyageurs : y a-t-il quelqu’un qui répond au nom de Noureddine ? Vous imaginez, alors, un seul instant, l’état dans lequel je peux être”, se plaint, très souvent, l’artiste aux membres de son entourage. Mais le procès intenté par Noor pour réparer l’injustice des gènes, l’aberration des registres de l’état civil, tourne court. La victoire n’est pas au bout du processus. “S’il vous plaît, laissez-moi tranquille, ne parlez plus de moi, laissez-moi d’abord mener à bien le procès de ma vie”, implore, ou presque, Noor les nombreux journalistes qui la sollicitent pour une interview, un portrait, un coup médiatique. Peine perdue, hélas, pour la dame. Le procès “pour changer d’état civil” est perdu en première instance. “Et aussi en appel”, nous assure un avocat du barreau d’Agadir. Noor ne confirme pas l’information. Elle ne l’infirme pas, non plus. A dire vrai, elle refuse scrupuleusement d’évoquer le sujet. C’est sa blessure, son truc à elle. L’une des zones d’ombre, nombreuses, qui planent autour de la fascinante, et courageuse, Mademoiselle Noor.

Arrivé à ce point de la lecture, je me rends compte que je ne suis pas très moderne et que je ressemble à un homme des cavernes, pourquoi? Ben parce que, je veux bien admettre que Noureddine a le droit de changer de sexe en apparence et même sur les papiers, de toutes façons c’est lui qui se fera cuire là haut pas moi, mais ce que je ne comprends pas, c’est le pourquoi de la sur-médiatisation de la chose. Pourquoi est ce que Telquel a besoin de faire passer cette personne pour une victime (elle l’est mais uniquement de ses fantasmes), du moment qu’elle savait que son choix n’était pas très facile à faire passer. Allah ne fait pas d’erreurs, et ceux qui veulent coller leur déchéance à la nature, se trompent tout bonnement de chemin. Cette personne qui se dandine, aujourd’hui et se permet de vendre une image qui lui rapporte gros, doit assumer son choix et boire la tasse, et n’attendez pas que quelqu’un le fasse à sa place, car, encore une fois, faut-il le redire, nous sommes dans un pays musulman, nous sommes des musulmans et rien ne changera ce fait. Et croyez-moi, quelque soit le niveau de tolérance des marocains, même ceux qui sont atteint de schizophrénie mondaine, il y aura toujours de langues qui diront :

“On l’aurait bien invitée pour le mariage de notre fils, si ce n’était pas un…”. Un quoi au juste ? Un homme, bien sûr.