…Je ne sens plus ma respiration capable d’aérer mes poumons haletants. Je croule sous un poids indéfini qui me cloue par terre. Je suffoque.. Je me meurs à petits feux !! Voilà mon quotidien depuis que tu m’a laissé, depuis que tu as décidé que j’étais inapte au rôle originel, depuis que la montre sur le mur du salon s’est arrêtée de faire son tic tac, parce que j’ai enlevé les piles, pour immortaliser l’instant de ton départ.

Je ne sais plus qui je suis, car je ne me rappelle pas d’autre vies que celle que j’ai venu avec toi. Je ne sais plus ce que je dois faire, tellement je ne me rappelle plus comment se font les choses sans toi. Je n’arrive même pas à dépasser la salle de bain, de peur de revoir les vêtements que tu as laissés sur le lit, et de fondre en larmes… Je me la suis joué fort depuis voilà quelques jours, mais là je n’en peux plus de me mentir … je n’y arrive plus!!!

Je ne sais pas comment te le dire, mais voilà, même l’immensité de la ville ne veut plus rien dire pour moi. Je ne peux marcher sans croiser ton visage, dans celui des marchands qui me voient tout seul pour la première fois, et qui se demandent où tu es, dans les reflets des vitrines que tu avais longtemps contemplées à la quête d’une quelconque emplette, dans les sièges arrière des taxis où tu mettais ta tête sur mon épaule tard le soir quand on rentrait d’une de nos virées, dans le sourire de la caissière du supermarché ou de  l’épicier du quartier…

Je me brûle les doigts, et je remarque que ma cigarette à rendu l’âme sans que j’en tire une seule bouffée. Quelle ironie, voilà une illustration de ce que je t’ai fait ou ce que je ne t’ai pas fait.. Un songe me taraude depuis 3 ou 4 jours, où je te vois telle que je t’ai vue il y a cinq ans, tu me regardes et tu m’invites à te rejoindre, je cours je te tends la main et.. je me réveille! Que veux-tu me dire?

Je sais que je t’ai blessée. Je sais que je t’ai fait souffrir à coup d’insouciance et de sottises mais je sais aussi que c’est plus fort que moi. Je ne sais pas ce qui m’est arrivé, car je n’ai jamais vraiment voulu ça. Et là, maintenant que je suis seul face à mes démons, face à mes bilans, je réalise combien est ce que j’ai été incapable de réagir à temps. Aujourd’hui, je sais que jamais plus je ne serai le même homme, car quelque chose s’est brisée tandis que quelque chose qu’on m’a volé commence à me revenir mais à quel prix?