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Prisme mon Prisme…

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Crédit Image: koreus

J’ai, toujours, rêvé, d’écrire la chose ! Un récit que j’ai imaginé toutes les fois où je me sentais capable de transgresser les règles de la nature et faire des trucs de surhommes. Durant ces moments là, je croyais être capable de soulever des montagnes à la seule force de mon crayon, que dis-je ? J’en étais certain ! Sauf qu’entre mes certitudes sujettes à caution et la réalité, existaient des barrières infranchissables, galvanisées par mon indécision chronique et surtout mon incapacité à comprendre que la perfection n’est  pas un acquis, mais une quête continue…une vie entière !

L’effort…mon effort tombait, donc, à l’eau avant même qu’il n’eût commencé à franchir les méandres de mon imagination. Je le ployais sous le poids de mes chimères, âpres et d’un sournois digne d’une figure de proue de ce navire fantôme que craignaient les marins d’eau douce ! C’est dire que jamais je n’ai pu dépasser mes angoisses puérils, ni su avoir assez d’aplomb pour  faire preuve d’apathie, lorsque la force se faisait tarissable. Le courage est nécessaire pour vaincre, la puissance, elle, est souhaitable, mais facultative…

Frustré perpétuel, Je m’amusais, alors à tuer mon prisme, quand il tentait de se réfléchir devant moi, à l’occasion, comme sur cette page vierge que j’ai entrepris plusieurs fois de déflorer, ainsi qu’on  honore sa dulcinée durant sa nuit de noces, mais en vain…Je n’ai jamais réussi à ne pas douter de moi. Ce soucis de performance, permanent et singulier, faisait jaillir, en moi, des poussées de violence primitive, et j’explosais dans le vide, tel un geyser : énergique, saillant, mais paradoxalement  fatal, d’abord à lui-même puisqu’il ne dure que le temps de son éruption et aux autres, car force brutale et imprévisible. Le parfait pamphlet !

Détrompez-vous ! Ce verbe protubérant n’est pas maestria, encore moins une démonstration ronce à quelque détracteur. Je n’aime pas les phrases pimpantes, ni n’en suis friand. Je suis un cru, et c’est ainsi qu’il vaut mieux me consommer. Mais là, j’ai eu cette subite envie de galber les formes, puisse mon lecteur trouver, un quelconque plaisir à me feuilleter. Je ne pense pas vraiment être un bon orfèvre, du verbe, non pas parce que certains doutent de mon talent, ou rabâchent les mêmes répliques au détour de chacune de mes sorties, non ! Il est clair qu’aucune critique ne peut m’affecter dans ce sens, mais l’honnêteté oui ! La mienne, envers moi-même d’abord, et puis vous, qui êtes entrain de me lire ici présent…Je me suis tout bonnement cru à un certain moment, le meilleur et c’est là que j’ai tout perdu…

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Besoin…

bonheur

…Comme tous les matins, il eut besoin de tout son courage pour soulever le poids de son corps et s’extirper de ses draps. Il en avait marre de se réveiller comme ça, toujours de mauvaise humeur et de penser qu’il allait passer le restant de la journée à baver de l’hypocrisie d’un système qui broie ses propres éléments pour survivre….

Les gens normaux appelaient ça, le travail, mais lui le voyait plus comme une potence, une tyrannie imposée par voie de faits et non autrement…

Ceux qui travaillent sont ceux qui sont dans le besoin. Le besoin est une faiblesse plus qu’autre chose, puisqu’il vous pousse à faire des choses que vous n’auriez jamais faites si vous étiez nés autrement…comprenez riches !

Il est dans le besoin, lui. Du moins pour le moment !

Il est dans le besoin, tant qu’il est incapable de vivre sans payer. Payer le loyer, l’électricité, le pain, les clopes, les putes…tout a un prix ! Et ce prix se décline en nombre d’heures travaillées pour s’offrir le bien en question. Il travaille quelques minutes pour la valeur d’un pain parisien, quelques heures pour un paquet de rouges, et quelques jours pour une passe avec Chaimaa.

Chaimaa, elle, a sa propre conception du travail. Un échange abrupt, singulièrement basique mais suffisant à ses besoin d’affirmation en tant que personne active, indépendante, et surtout dans le besoin elle aussi. Quand elle parle de son travail, elle dit non sans afficher un rictus malin : « je fais dans le bio ! »…

Tout le monde travaille. Toute le monde fait quelque chose en contrepartie d’une rétribution, laquelle servira à payer un objet, un service, une illusion…Tout a un prix, alors. Tout est matériel, ou « matérialisable » à souhait. Mais, pourquoi nous gave-t-on de valeurs ? Pourquoi passons-nous, le plus grand du temps à parler de vertu, de sentiments…de bonheur !

Le bonheur n’existe pas…parce que  le bonheur n’a pas de prix dit-on.

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