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Le train qui emporta mon coeur

En Mai 2000, je venais de boucler mon troisième mois de travail chez cette société à la renommée internationale, au centre d’appels, la ruche comme aimait l’appeler Rachid, un de mes meilleurs amis et collègue. Ma première expérience professionnelle à proprement dire, et la dernière, puisque je n’ai travaillé que pour cette maison durant toute ma carrière qui a connu l’évolution, la réussite et l’échec aussi, mais rien ne vaut ma première année là bas, celle de tous mes beaux souvenirs à Rabat . J’avais 23 ans, beaucoup d’ambition et plus de cheveux sur le crane qu’aujourd’hui ! C’était une époque de ma vie, où toutes les promesses d’un bel avenir m’étaient données, car j’avais un travail bien payé, je m’habillais comme un prince et je faisais la navette entre Kenitra et Rabat, ce qui me permettait de beaucoup méditer, de lire mais aussi d’écrire. Si la passion de mettre ma pensée, mon vécu et mon imagination en exergue, ne m’a jamais abandonné, depuis le jour où j’ai découvert ce plaisir, elle avait été accrue et pris un autre sens, avec la transhumance qui rythmait ma vie durant ces années là. Mes voyages (symboliques puisque le trajet de la navette était plus un transit qu’autre chose) matérialisaient mes fredaines imaginaires que n’égalait que la métaphore de mon verbe puéril, et me permettaient au fil du temps, au gré de mes rencontre dans le train, et autres faits divers de tisser de véritables trames à ce livre que je n’ai jamais écrit.

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Le premier jour du reste de ma vie

Ce matin, je prends le train, encore, pour une destination que je n’aime plus et dont j’aimerais faire le trajet pour la dernière fois. Je m’en vais à El Jadida, ville de ma torture et de cette déchirure qui m’a scindé, à tout jamais, en deux parties distinctes, au propre comme au figuré. Je m’en vais, vivre quelques jours, quelques semaines encore, sous le joug d’une terre qui ne me signifie que des malheurs, bien qu’il y vive des gens dont je me suis fendu d’amour dès le premier jour, pour toujours, et n’emporte avec moi que l’espoir d’une délivrance incessante.

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Voyage à l’autre bout de moi…

…Rien au monde n’a jamais autant préoccupé mes pensées que mon moi, que cette énigme que je vis et qui se décline, à chaque fois, sous des formes nouvelles, mais avec le même, le sempiternel questionnement endolori et insoluble de l’identité. Je suis un, un seul mais séparé en beaucoup d’uns qui ne sont autres que moi-même, entre autres, isolé en un seul mot que je suis. RIAD ! Et il n’y a pas une seule chose au monde que je connaisse si peu que moi-même ! Que RIAD !
RIAD était le moi dont je voulais savoir l’essence. C’était le moi dont je voulais, également, me défaire, que je voulais anéantir, mais je n’ai jamais pu que le tromper, le fuir, l’enfouir ! Je n’ai jamais pu que me le vous dissimuler et me dissimuler à lui ou en détourner mon regard…
Que je ne sache rien de moi-même avait, pourtant, une cause que je connaissais bien, si bien que c’était là la seul consolation que je pouvais me faire, l’oubli passager que je m’infligeais sachant bien que ce n’était là qu’un artifice pour me tromper volontairement. J’avais peur de moi-même ! Je me fuyais car je me savais piètre adversaire de moi-même…Le comble !
Ce dont je me rappelle bien, quand j’ouvre le grand livre de ma vie, comme en ce moment, c’est que lorsque j’avais des poussées d’orgueil et que je me décidais, enfin, à jouter de touts les écus avec moi-même, je me faisais proie à mon hésitation, à mes appréhensions, à mes craintes de mon prisme ! Je savais très bien que cette image que me renvoyait le miroir était une copie fidèle de ce que j’étais, et rien qu’à cette pensées je devais être rassuré, mais cela ne m’apaisait pas pour autant, car je me savais capable de quelque chose que je ne me savais pas, et donc je courais le risque de me faire mal à me mesurer à une force dont je ne connaissais pas les dimensions. Lire la suite »

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Requiem pour une douleur

 
Non rien de rien, non je ne regrette rien… Ces paroles de la diva me reviennent dans le doux silence de cette nuit que je passe encore sans sommeil, entre inquiétude de ce dont demain sera fait, et répulsion de ce qu’aujourd’hui a été. J’allais placer le mot espoir dans cette phrase lugubre, et j’en aurais fait une belle tournure, sauf que je me suis retenu par respect à la vérité que je me suis promis de dire et de penser tout le temps. Je ne désespère pas, je ne déprime pas, et non je ne suis pas encore entrain de minauder vos esprits sensibles, au sensuel de mon verbe. J’écris c’est tout ! Lire la suite »

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Pyaar Dosti hai

 
….L’amour est amitié ! Cette phrase, presque tout le monde a dû l’entendre un jour, en approuvant ou réfutant son sens profond ou les nuances qu’elle peut porter pour certains qui ont la manie de lancer la fâcheuse phrase, à quelqu’un dont ils rejettent les avances amoureuses : « Je préfère qu’on reste, juste, des amis (es).. ! »…Cette réplique, je l’ai entendue beaucoup de fois, et franchement elle ne m’a jamais enthousiasmé à me porter candidat à l’amitié de quelqu’un qui pour lui ce lien est si facile à ponctuer par un « juste » ! L’amitié est une chaîne, une chaîne parsemée de fleurs…Dixit le poète. L’amitié est un sentiment profond. L’amitié est amour et l’amour est amitié ! Lire la suite »

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Prisme mon Prisme…

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Crédit Image: koreus

J’ai, toujours, rêvé, d’écrire la chose ! Un récit que j’ai imaginé toutes les fois où je me sentais capable de transgresser les règles de la nature et faire des trucs de surhommes. Durant ces moments là, je croyais être capable de soulever des montagnes à la seule force de mon crayon, que dis-je ? J’en étais certain ! Sauf qu’entre mes certitudes sujettes à caution et la réalité, existaient des barrières infranchissables, galvanisées par mon indécision chronique et surtout mon incapacité à comprendre que la perfection n’est  pas un acquis, mais une quête continue…une vie entière !

L’effort…mon effort tombait, donc, à l’eau avant même qu’il n’eût commencé à franchir les méandres de mon imagination. Je le ployais sous le poids de mes chimères, âpres et d’un sournois digne d’une figure de proue de ce navire fantôme que craignaient les marins d’eau douce ! C’est dire que jamais je n’ai pu dépasser mes angoisses puérils, ni su avoir assez d’aplomb pour  faire preuve d’apathie, lorsque la force se faisait tarissable. Le courage est nécessaire pour vaincre, la puissance, elle, est souhaitable, mais facultative…

Frustré perpétuel, Je m’amusais, alors à tuer mon prisme, quand il tentait de se réfléchir devant moi, à l’occasion, comme sur cette page vierge que j’ai entrepris plusieurs fois de déflorer, ainsi qu’on  honore sa dulcinée durant sa nuit de noces, mais en vain…Je n’ai jamais réussi à ne pas douter de moi. Ce soucis de performance, permanent et singulier, faisait jaillir, en moi, des poussées de violence primitive, et j’explosais dans le vide, tel un geyser : énergique, saillant, mais paradoxalement  fatal, d’abord à lui-même puisqu’il ne dure que le temps de son éruption et aux autres, car force brutale et imprévisible. Le parfait pamphlet !

Détrompez-vous ! Ce verbe protubérant n’est pas maestria, encore moins une démonstration ronce à quelque détracteur. Je n’aime pas les phrases pimpantes, ni n’en suis friand. Je suis un cru, et c’est ainsi qu’il vaut mieux me consommer. Mais là, j’ai eu cette subite envie de galber les formes, puisse mon lecteur trouver, un quelconque plaisir à me feuilleter. Je ne pense pas vraiment être un bon orfèvre, du verbe, non pas parce que certains doutent de mon talent, ou rabâchent les mêmes répliques au détour de chacune de mes sorties, non ! Il est clair qu’aucune critique ne peut m’affecter dans ce sens, mais l’honnêteté oui ! La mienne, envers moi-même d’abord, et puis vous, qui êtes entrain de me lire ici présent…Je me suis tout bonnement cru à un certain moment, le meilleur et c’est là que j’ai tout perdu…

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