Articles contenant le tag Police

Récit de derrière les barreaux (4)

La nuit allait être longue, je le savais, je le sentais bien avant de Mou3awiya, m’indique de demander aux policier en faction une couverture de plus, moyennant des clopes ou un billet de 20DH puisé dans la boite où j’avais laissé mes effets personnels. Je n’ai pas trop osé le faire, au début, de peur que le flic me traitasse de je ne sais quoi, et n’eusse sa chance d’humilier un 3aye9 comme moi…Il faut avouer que les policiers, du moins certains, ne ménagent aucun effort pour vous montrer leur supériorité, l’avantage suprême qu’ils ont, d’abord parce qu’ils sont de l’autre conté des barreaux, et puis car ils sont  des représentants de la loi avant tout !

D’ailleurs, tout ce qui se trouvait de l’autre coté des barreaux avait un autre air  quelque chose de « joli », d’unique. J’enviais tout ce qui était là bas, dans la liberté, même les chats qui rôdaient dans les parages, une fois qu’ils osaient pénétrer dans le sanctuaire des détenus, perdaient quelque chose de leur beauté féline, mais eux, s’en foutaient pas mal de là où ils étaient ! Ils circulaient entre les barreaux, allant d’une cellule à l’autre, à la recherche d’un semblant de nourriture, ou juste pour lézarder le temps de digérer quelques résidus de « 9offa », généreusement offerts par un détenu ou un autre. Les chats étaient libres, comme toujours, les chats étaient beaux…J’adore les chats ! Si seulement l’un deux, ou tous pouvaient venir se blottir contre moi !

Les négociations furent brèves, le policier alla me chercher une couverture, moyennant ce que vous savez, et me permit le luxe d’en choisir une, parmi les chiffons qui se trouvaient dans la cellule vide qui faisait face à celle où on était entassés. Minute ! Il y avait une cellule de vide, très vide, alors qu’on était presque 70 personnes à nous entasser dans un espace réduit !!!! En fait, la geôle se composait de 4 chambres. Une pour les mineurs, où trônait un garnement d’à peine 15 ans, tout seul, une autre pour les femmes, dont les locataires étaient deux prostituées qui passaient leur temps à jacasser et enfin celle ou j’étais enfermé avec mes amis les malfrats. On comprend facilement, que les mineurs et les femmes doivent être séparés des autres, mais alors pourquoi une cellule vide, alors qu’on étouffait à être entassés comme des sardines?!

Le temps passe lentement en pareils lieux. Il est lourd, suffoquant. Tu sens chaque minute qui passe à ne rien faire. Pour un rêveur comme moi, c’était l’aubaine! Personne, ni rien pour m’empêcher de voguer dans les méandres de ma pensée, d’écrire tout ce que je n’au jamais eu le temps de rédiger…Si seulement je pouvais avoir un stylo et du papier! Je me forçais à penser ainsi, pour ne pas me laisser aller à mes angoisses. Les illusions me valaient mieux que la réalité que je vivais et tant que j’y étais je n’avais rien de mieux à faire, que d’essayer de sombrer dans un sommeil qui me délivrerait de cette pression, à laquelle toutes mes tentatives d’évasion avaient, jusque là, échoué! Rien que de penser au mot évasion, mes yeux s’en allaient scruter les barreaux des fenêtres, et mon cerveau entama les calculs trigonométriques…Je restai là, un long moment, à imaginer le scénario d’une fuite orchestrée par mes soins, dont mes camarades feraient une légende. Surpris par mes élans imaginaires, exacerbés par le walou absolu, je me mis même, à regarder à droit et à gauche, pour voir si les flics se sont doutés de quelque chose ! La vache! Je devenais fou !

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Récit de derrière les barreaux..(2)

…Il était 15h00 passées lorsque j’ai mis les pieds pour la première fois, dans le commissariat de la PJ, en tant que « client », moi qui avait l’habitude de venir dans cet endroit qui s’adosse à mon bureau, pour boire un café, voire intervenir auprès du commissaire flane ou flane pour le compte d’un ami ou un voisin. Le décor était le même, les visages étaient les mêmes, le brouhaha aussi, mais je les sentais différemment cette fois! Je n’étais plus libre de bouger comme je voulais, je n’étais plus libre tout court et je setais un malaise qui se formait petit à petit à l’intérieur de moi…Mais je résistais!

Ce qui me faisait le plus mal, c’est les regards des gens, et les question de ceux que je connaissais et qui me voyaient assis là, attendant je ne sais quel miracle pour échapper à cette humiliation. Ce préambule m’était suffisant pour comprendre, une bonne fois pour toutes, ce que ressentaient les gens que je voyais à cette place même, lorsque je venais ici en visiteur. J’en regardais certains avec pitié, et j’en toisais d’autres du haut de mon costard cravate et mes bras dessus, bras dessous avec le chef de la PJ. Aujourd’hui, je suis toujours en cravate, mais ce sont d’autres gens qui me regardent avec pitié, ou me toisent au tour le tour, surtout que je faisais contraste évident avec mes camarades du banc…Quelques minutes suffisaient à me vider de toutes mes illusions, personne n’est venu à mon secours, et ni les amis que je croyais avoir dans le cercle de la police, ni mon français ne m’ont valu un traitement de faveur, hors mis les menottes qui m’ont été épargnées par je ne sais quel égard à quelle situation que j’avais. On me fit entrer dans un bureau, où les deux policiers qui m’ont « arrêté » m’ont fait comprendre que j’étais en garde à vue, et que si je le voulais bien, j’avais le droit de contacter mes proches, avant d’aller en geôle. Je les ai remercié pour le geste, qui était un droit mais bon, tant qu’on sait que certains droits deviennent des privilèges par de telles situations…Je leur ai simplement demandé de contacter Abdelkaddous, un ami bien introduit dans le cercle policier! Je comptais beaucoup sur lui, sachant que je redoutais fort bien, les suites de mon incarcération et ce que je pouvais endurer comme peines avec les individus qui m’attendaient en bas…

Quand Abdelkadous est arrivé, mon billet d’écrou était déjà rédigé, et on m’expliqua que j’allais partir au commissariat central, là où la geôle se trouvait, « gioule » comme ils le prononçaient. Mon ami me rassura, et me promit de me sortir de là, dès le lendemain matin, tandis que je descendais les marches en direction de l’estafette où étaient déjà placés quelques 10 jeunes hommes. Je montai et le zinc démarra en trombe! Les détenus me dévisageaient tous, et moi j’essayais tant bien que mal d’éviter leurs regards, car je savais que c’est de là que tout commençait, surtout que là où on allait, aucune loi n’excite sauf celle du plus fort, ou du plus ancien. Je n’étais ni l’un ni l’autre, et tandis que je réfléchissais au moyen de me défendre durant les 48H00 que j’escomptais passer en si belle compagnie, le fourgon s’arrêta, les portes s’ouvrirent et nous fûmes sommés de vider les lieux avec toute la gentillesse que porte la locution suivante : » Anzel a dak weld l’9…. »!!!

Cette appellation allait bizarrement remplacer mon patronyme pendant les 5 minutes qui suivirent, et pendant que l’on me faisait ôter ma ceinture, ma montre, ma chaine et mon alliance (que je n’ai jamais retirée de mon doigt depuis mon mariage), je devais faire aussi vite que possible, pour éviter à ma mère de se faire traiter de catin, par des hommes dont le seul pouvoir était de porter des uniformes, mais c’était un pouvoir absolu, doublé d’un sadisme incroyablement exacerbé! Je vidai mes poches, dans une boite, pendant qu’un policier me fouillait à la recherche d’une arme ou autre objet coupant, et dès lors que je fût déclaré clean, on me fit remettre mes chaussures, relever mon pantalon et tout de suite après un autre policier nous ouvrit la porte d’une grande cellule, où nous attendaient d’autres convives impatients de nous délester de nos histoires, et surtout de nos clopes…enfin juste quelques uns d’entre nous, qui semblaient des cibles parfaites, moi le premier!!

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Récit de derrière les barreaux..(1)

Dans la vie de chaque homme, il y a forcément des détours, qu’il prend malgré lui, ou justement ce sont ces choix qui lui imposent ces déviations dont il continue à affirmer le caractère aléatoire…Sauf que si on se penche un peu sur la réalité, aucun chemin que nous prenons, n’est un hasard, tout est le fruit de nos gestes pour ne pas dire erreurs ! Pourquoi juste les erreurs ?! Eh, parce que les heureux événements ne sont jamais pris pour des références…seuls les malheurs constituent des points d’ancrage ! En tout cas, pour certains…

Il était 12h30 quand j’ai reçu un coup de fil inattendu, d’une personne qui était la dernière à vouloir me parler sur un ton aimable. La conversation qui avait résulté de cet entretien m’avait laissé perplexe, dubitatif, mais n’a tout de même pas réussi à déclencher mes instincts défensifs ! L’individu qui m’avait téléphoné, n’est autre que le mec qui m’a fait subir une pression accablante depuis le mois de Juillet dernier. On a pris rendez-vous, à 14h30 !

Entre temps, et comme je n’avais pas vraiment grand-chose à faire, je me suis mis à me demander si ce n’était pas un traquenard, si cette subite gentillesse, dont il m’avait parlé, n’était pas un stratagème habilement joué pour que je sois pris au piège ?! C’était trop facile, je me disais ! Il savait que j’étais trop intelligent pour tomber dans le panneau aussi bêtement, pensais-je, en écartant toute possibilité d’entourloupe.

14h45, pris par mes tâches diverses, j’avais carrément oublié le rendez-vous, et si ce n’est l’apparition du mec dans mon bureau, je n’y aurais même pas pensé ! Après les salamalecs de rigueur, et vu que j’avais une cliente déjà installée devant moi, j’ai invité mon convive surprise à aller dans le hall pour discuter de sa requête. Là, tout a changé, et je n’avais plus de doutes à me faire ! Il était bien là pour ce dont je le pensais pas être venu…Finalement j’étais archi con de croire en sa bonne foi !!

Il a tout fait pour m’attirer dehors, prétextant que son avocat était au café d’en face et qu’il voulait me parler à fin qu’on puisse résoudre notre différend à l’amiable. Je refusai dans un premier temps, parce que je savais sciemment que ce n’était qu’un piège, puis me résignai à le suivre dehors, une fois que j’ai percuté le danger de me faire prendre à l’intérieur de mon bureau ! La honte !

Je lui ai demandé de patienter dehors, le temps que je règle quelques détails avec ma cliente, et une fois que je suis revenu à mon bureau, la course contre la montre avait commencé ! J’étais tellement concentré sur mon objectif, que j’en ai oublié la dame qui m’attendait. En 30 secondes, mes ordinateurs étaient verrouillés et placés en lieu sûr, mon téléphone portable éteint, mes effets personnels confié à un collègue et avant de sauter dehors, j’ai composé le numéro de la seule personne à qui je pensais en ce moment là…7 sonneries après, elle répondit, mais je ne lui laissai pas le temps de parler :

- Maman…Je vais en prison, appelle Driss !

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Question de mentalité

Ce qui suit est une vidéo qui est sensée être une caméra cachée. Rien d’anormal ni aux allure de scoop, mais en la regardant, je me suis posé plein de questions quand à notre situation au Maroc. Somme-nous vraiment de simples victimes du pouvoir et autres institutions de l’État?

Somme-nous, des citoyens bafoués, exploités et mal servis, juste parce que le fonctionnaire est un pourri qui ne fait pas bien son travail, demandes du bakchich et j’en passe? Non! La réponse est ferme et n’est pas sujette à négociations! Ne ne somme des victimes que de nous mêmes, car on refuse d’aller de l’avant et d’assumer l’émancipation qui est tout simplement la fin de certains avantages peu cher payés….

Regardez la vidéo et méditez le comportement du mec qui se fait piéger, vous comprendrez quelle est la différence!

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Les Ripoux…

larafe

Que l’on ne me dises plus alors pourquoi est ce que personne dans ce pays ne se sent en sécurité qu’en compagnie de quelques beaux billets de banque qui lui réchauffent la poche, voire un nom de famille qui sonne bien, ou un répertoire téléphonique à toute épreuve…Savez vous pourquoi le Maroc peine à décoller malgré toutes les bonnes volontés? Et bien, lisez la suite et vous en aurez un exemple flagrant!

L’histoire est telle que nous vivons dans un pays où il ne sied pas attendre quelque chose de la loi ou des agents de l’ordre publique. Le comble! Il n’est de réalité, qui se fait omniprésente que celle que vous verrez sur la vidéo qui suit. Un homme, peut être coupable d’une infraction ou une autre, je n’en sais rien, tombe victime de son idiotie qui lui fait croire qu’il peut faire face à un agent de police. Il se fait insulter devant sa femme, et quand il crie au scandale et que son épouse proteste aussi, elle se fait pousser vulgairement par le policier. Le mec poussé par une réaction normale à défendre sa femme commet l’irréparable, il fait tomber la casquette du policier qui s’empresse de déchirer son propre uniforme. Là tout bascule et à en croire les gestes de la femme, tout le monde aura deviné le subterfuge! Atteinte à un agent de la force publique pendant l’exercice de ses fonctions! Il fut un mythe qui disait que t’en prenais pour autant de boutons déchirés en années de prison…Là on ne sait pas encore ce que ça va donner, mais la fin de la vidéo nous en donne un avant goût bien amer. Un officier de police, armé d’un gourdin qui enseigne au pauvre citoyen les règles du makhzen à la marocaine! Chuut, c’est pas bien ce que vous pensez les gars et les filles…

Allez, moi je file me préparer à une éventuelle bastonnade aussi…c’est même fort probable, mais je m’en fous! Ce qui me peine le plus, c’est que cette vidéo va faire le tour du monde à une date très symbolique et que je vois d’ici certains qui se feront une joie de blasphémer le Maroc entier par la faute de quelques ripoux…Merde, fallait pas que je revienne!

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Police Secours couss..

Loin de moi l’idée de me moquer de notre police nationale, ni de me réjouir de ce cliché qui n’est qu’une image parmi tant d’autres qui illustre le peu de moyens et la quasi situation artisanale de nos agents de la marée chaussée, nos anges gardiens qu’on appelle fièrement AL AMN AL WATANI. Mais il y a des choses  que, parfois, une image décrit mieux que plusieurs phrases….

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