Articles contenant le tag Prison
Garde à vue au Maroc
Posté par Robin Des Blogs dans Reportage le 10 février 2010
Je n’aurais pas pu traiter ce sujet avec autant de pertinence, si je n’avais pas vécu les affres d’une garde à vue au Maroc. S’il est vrai que le système pénitencier dans notre pays est connu pour ses écarts et toutes ses défaillances de fond comme de forme, personne jusque là ne s’est intéressé à la situation des gardés à vue, tant parce que la parallèle entre la geôle du commissariat de police et la cellule du complexe carcéral est facile, et que tout le monde se prête à croire que c’est la même chose, du moment que c’est une privation de liberté dans le processus judiciaire, donc, donnant accès à des droits et des obligations de rigueur, stipulés dans les textes de loi. Ce n’est pas vrai! Il existe une très grande différence entre les deux, juridiquement parlant, mais aussi dans le traitement des détenus sur le plan législatif humain mais aussi humain. Lire la suite »
Récit de derrière les barreaux (5)
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 29 octobre 2009
Il ne s’était pas écoulé beaucoup de temps, depuis que j’avais avalé la lie de mon dan’up d’un trait, et sombré dans un semblant de sommeil à même de me soustraire à la lourdeur du temps, et au farouche des regards qui m’enviaient ma couverture « spéciale », que je fus réveillé par un brouhaha qui se faisait de plus en plus bruyant, au fur et à mesure que ces commanditaires, s’avançaient un peu plus dans le vestibule qui conduisait dans la geôle. Une horde de flics débarqua d’un coup, encerclant trois gars d’une taille très imposante, tous torses nus, les bras tailladés et jurant par tous les Dieux de se venger de je ne sais quel fils de pute. Eux, ne se sont pas trop fait traiter comme j’ai vu se faire malmener tous ceux qui ont été introduit ici après moi !
Les policiers avaient du mal à les contenir, et semblaient même les prier de ne pas s’en faire. Cela peut paraitre drôle, mais même un flic du haut de ses pouvoirs chimériques, a la trouille face à un gaillard de ce genre. Ils les appelaient par leurs prénoms et leur firent les bises, une fois que le calme vint à se réinstaller et que les trois malabars daignèrent se plier à la procédure. La fouille corporelle et le retrait de ceinture, lacets et autres objets, leur fût même épargnée. Ce n’est que lorsque l’un d’eux a commencé à se lacérer le bras gauche à l’aide de son pendentif en forme de plaque d’immatriculation militaire, qu’ils furent délestés de tous leur arsenal interdit et fin prêts à entrer nous disputer un espace déjà rétrécit par les anciens locataires. Une peur justifiée me prit le cœur, quand j’en suis venu à penser qu’ils pouvaient facilement me briser les os si je refusais de leur céder ma place, moi qui étais face aux barreaux, portais une chemise rose, avais les cheveux plaqué au gel et sentais Fahrenheit. J’étais facilement repérable comme le Zbida des Zbidas, la cible la plus facile de toutes, et je commençai à angoisser même avant que mes trois cauchemars n’eurent franchi la porte…
Ils sont entrés dans la geôle en toisant tout le monde, ils regardaient chacun de nous dans les yeux qui cherchaient vite un détour pour ne pas croiser leurs regards et par là, subir leurs foudres qui devaient inexorablement s’abattre sur quelqu’un ou quelques uns. C’était cela la loi à l’intérieur, et la nature n’avait en rien arrangé l’instinct humain à travers la supposée évolution. J’aurais aimé transcrire, les monologues que se sont mis à débiter les trois géants pour provoquer le chef en titre des lieux, mais je ne peux ce faire, hélas, sans transfigurer, pour ne pas choquer, car il y’en avait pour nos oreilles et celles de nos mère respectives, sœurs et autres parents. C’était un passage forcé, un rituel pour l’honneur et le respect, toujours selon le code des lieux, et tant que le caïd de la cellule ne se manifestait pas, ils allaient continuer à tous nous harceler d’une menace imminente d’attaque pour une raison ou une autre…En pur fils de l’ancienne médina de Kenitra, je me décidai à ne pas me laisser faire si l’un d’eux essayait de s’attaquer à moi. Toute la hogra que j’avais essuyée depuis ce matin était entrain de remonter à la surface de mon…quand soudain… La bagarre éclata ! Mou3awiya s’est jeté d’un seul coup, sans préambules ni geste qui pouvait montrer qu’il se préparait au combat, sur le premier qui s’approcha de lui. Les deux autres essayèrent de prêter main forte à leur copain, pris de cours par le coup de boule qu’il a encaissé en pleine face, mais se heurtaient à un mec qui ne semblait pas chu de la dernière pluie. Avant même de l’avoir approché, ils se sont retrouvés par terre, fauchés par quelques tacles savamment administrés par je ne suis plus combien de mecs qui ont sursauté au même moment, et frappé à la même vitesse. Je restai bouche bée devant un spectacle qui se prolongea un moment, et la bastonnade n’eut qu’un sens, celui que vous imaginez, avant que les esprits soient calmés par l’entrée des policiers dans les lieux, eux qui jusque là, étaient entrain de s’amuser à regarder faire, peut être même qu’ils ont pris des paris sur qui de qui allait gagner… Mou3awiya avait donc sa propre armée, et ce n’était pas le chef par hasard, mais au mérite de ses troupes, qu’il semblait commander même dehors, car je doute fort que cela soit juste une rencontre de geôle. C’était bien orchestré, bien étudié et j’avoue que j’ai feint d’applaudir tellement c’était beau de voir un tyran se faire arranger le portrait…
Récit de derrière les barreaux (4)
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 28 octobre 2009

La nuit allait être longue, je le savais, je le sentais bien avant de Mou3awiya, m’indique de demander aux policier en faction une couverture de plus, moyennant des clopes ou un billet de 20DH puisé dans la boite où j’avais laissé mes effets personnels. Je n’ai pas trop osé le faire, au début, de peur que le flic me traitasse de je ne sais quoi, et n’eusse sa chance d’humilier un 3aye9 comme moi…Il faut avouer que les policiers, du moins certains, ne ménagent aucun effort pour vous montrer leur supériorité, l’avantage suprême qu’ils ont, d’abord parce qu’ils sont de l’autre conté des barreaux, et puis car ils sont des représentants de la loi avant tout !
D’ailleurs, tout ce qui se trouvait de l’autre coté des barreaux avait un autre air quelque chose de « joli », d’unique. J’enviais tout ce qui était là bas, dans la liberté, même les chats qui rôdaient dans les parages, une fois qu’ils osaient pénétrer dans le sanctuaire des détenus, perdaient quelque chose de leur beauté féline, mais eux, s’en foutaient pas mal de là où ils étaient ! Ils circulaient entre les barreaux, allant d’une cellule à l’autre, à la recherche d’un semblant de nourriture, ou juste pour lézarder le temps de digérer quelques résidus de « 9offa », généreusement offerts par un détenu ou un autre. Les chats étaient libres, comme toujours, les chats étaient beaux…J’adore les chats ! Si seulement l’un deux, ou tous pouvaient venir se blottir contre moi !
Les négociations furent brèves, le policier alla me chercher une couverture, moyennant ce que vous savez, et me permit le luxe d’en choisir une, parmi les chiffons qui se trouvaient dans la cellule vide qui faisait face à celle où on était entassés. Minute ! Il y avait une cellule de vide, très vide, alors qu’on était presque 70 personnes à nous entasser dans un espace réduit !!!! En fait, la geôle se composait de 4 chambres. Une pour les mineurs, où trônait un garnement d’à peine 15 ans, tout seul, une autre pour les femmes, dont les locataires étaient deux prostituées qui passaient leur temps à jacasser et enfin celle ou j’étais enfermé avec mes amis les malfrats. On comprend facilement, que les mineurs et les femmes doivent être séparés des autres, mais alors pourquoi une cellule vide, alors qu’on étouffait à être entassés comme des sardines?!
Le temps passe lentement en pareils lieux. Il est lourd, suffoquant. Tu sens chaque minute qui passe à ne rien faire. Pour un rêveur comme moi, c’était l’aubaine! Personne, ni rien pour m’empêcher de voguer dans les méandres de ma pensée, d’écrire tout ce que je n’au jamais eu le temps de rédiger…Si seulement je pouvais avoir un stylo et du papier! Je me forçais à penser ainsi, pour ne pas me laisser aller à mes angoisses. Les illusions me valaient mieux que la réalité que je vivais et tant que j’y étais je n’avais rien de mieux à faire, que d’essayer de sombrer dans un sommeil qui me délivrerait de cette pression, à laquelle toutes mes tentatives d’évasion avaient, jusque là, échoué! Rien que de penser au mot évasion, mes yeux s’en allaient scruter les barreaux des fenêtres, et mon cerveau entama les calculs trigonométriques…Je restai là, un long moment, à imaginer le scénario d’une fuite orchestrée par mes soins, dont mes camarades feraient une légende. Surpris par mes élans imaginaires, exacerbés par le walou absolu, je me mis même, à regarder à droit et à gauche, pour voir si les flics se sont doutés de quelque chose ! La vache! Je devenais fou !
Récit de derrière les barreaux..(3)
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 27 octobre 2009

La première chose à laquelle vous pensez, lorsque vous mettez les pieds dans une geôle marocaine, c’est comment et en fonction de quoi vous allez choisir votre place…Je suis sans vous rappeler, qu’en tant que nouvelle recrue, j’étais très attendu à l’intérieur, encore plus que tous ceux qui m’avaient accompagné, et pour cause, je portais une chemise rose!
Mes premiers pas à l’intérieur étaient déterminants, surtout que mon dexter faisait ce bruit qui lui est si particulier, et qui rappelait quelque chose à tous ces mecs dont la virilité est le seul signe apparent, puisque là dedans, aucune émotion n’est disponible! Tout le monde est gonflé d’un quelque chose qui est fait pour dissuader les autres de lui marcher sur les pieds. J’avançais d’un pas lent mais sûr, droit devant moi, ne regardant ni à droite ni à gauche, visant un coin de libre que j’ai vite squatté avant que d’autres ne sautent dessus. Mes compagnons du voyage, eux, se sont vite mis à distribuer des bises par ci, des accolades par là…Des habitués quoi!
Une fois installé, à même le sol, j’allumai une clope et vidai mes poumons nerveusement, comme pour signaler aux autres que mon allure n’avait rien à voir avec mon « sale » tempérament. Attention, je ne suis pas une peau lisse, et cette place est désormais la mienne!! Je ne compris que plus tard, que mon geste m’avait valu les rires silencieux des camarades, puisque cette place, justement, personne ne voudrait me la prendre, car tout simplement, elle puait les chiottes! J’étais, en fait, allé m’installer dos aux toilettes, qui m’envoyèrent leur odeur en plein gueule, une fois que l’endroit perdit de son mystique! Quel con!
Il était 17h15 quand je suis entré dans cet endroit, mais au moment où le policier m’a hélé pour me tendre un sachet de plastique bourré de bouffe, je ne savais pas vraiment combien de temps s’était passé, ni comment je l’ai vécu ce temps là. Seule la douleur à mes fesses, m’indiquait que j’avais passé de longues minutes à même le sol froid…En retournant à ma place, une petite foule s’aggloméra autour de moi, sans me demander mon avis ni même me dire bonjour. Mon repas a été avalé par des inconnus, avant même que je puisse identifier de quoi il était composé…Ce n’était pas si grave, puisque je n’avais pas envie de manger non plus…Je me contentai d’un Dan’up qui me servit de dekka tout en faisant mine de générosité. Allez, servez-vous ! En réalité, je n’avais pas le choix, et je n’étais pas préparé ni mentalement, ni physiquement à demander des explications ! Je me résignai, donc, à me faire à l’idée que les prochaines 48 heures, j’allais vraiment souffrir, d’abord de ce froid glacial qui me rongeait le postérieur, et ensuite de cette hiérarchie implacable, face à laquelle je ne pouvais rien. Deux jours ! Le temps passe si lentement dans une geôle, surtout si on est un « bleu » et qu’on ne sait pas s’occuper…
- Chi garrou al3chir !
Cette phrase m’extirpa des méandres de mes pensées, un songe qui a duré, je ne sais combien de temps. Je m’empressais de m’exécuter, tandis que mon « assaillant » s’asseyait à coté de moi…Je ne comprenais pas pourquoi il voulait rester, du moment qu’il avait eu ce qu’il voulait, mais à ma grande joie, ce jeune homme me tapota l’épaule et me fit comprendre que ça allait passer et que je n’avais nul besoin de m’en faire :
- Matkhafch a khouya, koulchi ghadi ydouz bikhir inchallah !
Son ton rassurant, et son geste eurent vite de m’expédier une dose d’aise dont j’avais besoin. Je me ressaisis et en allumant une blonde, je lui lançais toujours sans le regarder dans les yeux :
- Rebbi kbir a khouya, lah ye7ssen le3wane !
J’avais fait un grand effort, pour ne pas laisser mon émotion me trahir, ni paraitre faible devant un mec aux allures peu recommandables, même s’il avait l’air de venir en paix. Nous discutâmes de tout et de rien, surtout des raisons de notre présence dans ce lieu. Il m’invita, ensuite, à partager la couverture qui lui servait de logis, et tandis que je m’installai à coté de lui, les autres me regardaient avec un peu plus de respect. Je devinai facilement, que mon « ami » était un sacré morceau, et que sa compagnie m’allait être précieuse. Je décidai vite d’en profiter, en jouant le jeu, vu que ça ne me coutait rien, et puis pour mieux gérer les heures à venir. Nous discutâmes longuement, mon ami et moi, et ma grande surprise, fût de savoir que l’homme qui se tenait à coté de moi, n’était autre qu’un Notable des bas quartiers de Mazagan, un guerrier des plus connus, et des plus impitoyables ! Je découvrais l’autre face d’un homme, celle profonde, celle qui n’apparaît pas quand il est armé de son coutelas pour défendre son territoire et ses intérêts. Il avait 22 ans, et il s’appelait Mou3wiya !
Récit de derrière les barreaux..(2)
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 26 octobre 2009

…Il était 15h00 passées lorsque j’ai mis les pieds pour la première fois, dans le commissariat de la PJ, en tant que « client », moi qui avait l’habitude de venir dans cet endroit qui s’adosse à mon bureau, pour boire un café, voire intervenir auprès du commissaire flane ou flane pour le compte d’un ami ou un voisin. Le décor était le même, les visages étaient les mêmes, le brouhaha aussi, mais je les sentais différemment cette fois! Je n’étais plus libre de bouger comme je voulais, je n’étais plus libre tout court et je setais un malaise qui se formait petit à petit à l’intérieur de moi…Mais je résistais!
Ce qui me faisait le plus mal, c’est les regards des gens, et les question de ceux que je connaissais et qui me voyaient assis là, attendant je ne sais quel miracle pour échapper à cette humiliation. Ce préambule m’était suffisant pour comprendre, une bonne fois pour toutes, ce que ressentaient les gens que je voyais à cette place même, lorsque je venais ici en visiteur. J’en regardais certains avec pitié, et j’en toisais d’autres du haut de mon costard cravate et mes bras dessus, bras dessous avec le chef de la PJ. Aujourd’hui, je suis toujours en cravate, mais ce sont d’autres gens qui me regardent avec pitié, ou me toisent au tour le tour, surtout que je faisais contraste évident avec mes camarades du banc…Quelques minutes suffisaient à me vider de toutes mes illusions, personne n’est venu à mon secours, et ni les amis que je croyais avoir dans le cercle de la police, ni mon français ne m’ont valu un traitement de faveur, hors mis les menottes qui m’ont été épargnées par je ne sais quel égard à quelle situation que j’avais. On me fit entrer dans un bureau, où les deux policiers qui m’ont « arrêté » m’ont fait comprendre que j’étais en garde à vue, et que si je le voulais bien, j’avais le droit de contacter mes proches, avant d’aller en geôle. Je les ai remercié pour le geste, qui était un droit mais bon, tant qu’on sait que certains droits deviennent des privilèges par de telles situations…Je leur ai simplement demandé de contacter Abdelkaddous, un ami bien introduit dans le cercle policier! Je comptais beaucoup sur lui, sachant que je redoutais fort bien, les suites de mon incarcération et ce que je pouvais endurer comme peines avec les individus qui m’attendaient en bas…
Quand Abdelkadous est arrivé, mon billet d’écrou était déjà rédigé, et on m’expliqua que j’allais partir au commissariat central, là où la geôle se trouvait, « gioule » comme ils le prononçaient. Mon ami me rassura, et me promit de me sortir de là, dès le lendemain matin, tandis que je descendais les marches en direction de l’estafette où étaient déjà placés quelques 10 jeunes hommes. Je montai et le zinc démarra en trombe! Les détenus me dévisageaient tous, et moi j’essayais tant bien que mal d’éviter leurs regards, car je savais que c’est de là que tout commençait, surtout que là où on allait, aucune loi n’excite sauf celle du plus fort, ou du plus ancien. Je n’étais ni l’un ni l’autre, et tandis que je réfléchissais au moyen de me défendre durant les 48H00 que j’escomptais passer en si belle compagnie, le fourgon s’arrêta, les portes s’ouvrirent et nous fûmes sommés de vider les lieux avec toute la gentillesse que porte la locution suivante : » Anzel a dak weld l’9…. »!!!
Cette appellation allait bizarrement remplacer mon patronyme pendant les 5 minutes qui suivirent, et pendant que l’on me faisait ôter ma ceinture, ma montre, ma chaine et mon alliance (que je n’ai jamais retirée de mon doigt depuis mon mariage), je devais faire aussi vite que possible, pour éviter à ma mère de se faire traiter de catin, par des hommes dont le seul pouvoir était de porter des uniformes, mais c’était un pouvoir absolu, doublé d’un sadisme incroyablement exacerbé! Je vidai mes poches, dans une boite, pendant qu’un policier me fouillait à la recherche d’une arme ou autre objet coupant, et dès lors que je fût déclaré clean, on me fit remettre mes chaussures, relever mon pantalon et tout de suite après un autre policier nous ouvrit la porte d’une grande cellule, où nous attendaient d’autres convives impatients de nous délester de nos histoires, et surtout de nos clopes…enfin juste quelques uns d’entre nous, qui semblaient des cibles parfaites, moi le premier!!
Récit de derrière les barreaux..(1)
Posté par Robin Des Blogs dans Docteurho le 20 octobre 2009

Dans la vie de chaque homme, il y a forcément des détours, qu’il prend malgré lui, ou justement ce sont ces choix qui lui imposent ces déviations dont il continue à affirmer le caractère aléatoire…Sauf que si on se penche un peu sur la réalité, aucun chemin que nous prenons, n’est un hasard, tout est le fruit de nos gestes pour ne pas dire erreurs ! Pourquoi juste les erreurs ?! Eh, parce que les heureux événements ne sont jamais pris pour des références…seuls les malheurs constituent des points d’ancrage ! En tout cas, pour certains…
Il était 12h30 quand j’ai reçu un coup de fil inattendu, d’une personne qui était la dernière à vouloir me parler sur un ton aimable. La conversation qui avait résulté de cet entretien m’avait laissé perplexe, dubitatif, mais n’a tout de même pas réussi à déclencher mes instincts défensifs ! L’individu qui m’avait téléphoné, n’est autre que le mec qui m’a fait subir une pression accablante depuis le mois de Juillet dernier. On a pris rendez-vous, à 14h30 !
Entre temps, et comme je n’avais pas vraiment grand-chose à faire, je me suis mis à me demander si ce n’était pas un traquenard, si cette subite gentillesse, dont il m’avait parlé, n’était pas un stratagème habilement joué pour que je sois pris au piège ?! C’était trop facile, je me disais ! Il savait que j’étais trop intelligent pour tomber dans le panneau aussi bêtement, pensais-je, en écartant toute possibilité d’entourloupe.
14h45, pris par mes tâches diverses, j’avais carrément oublié le rendez-vous, et si ce n’est l’apparition du mec dans mon bureau, je n’y aurais même pas pensé ! Après les salamalecs de rigueur, et vu que j’avais une cliente déjà installée devant moi, j’ai invité mon convive surprise à aller dans le hall pour discuter de sa requête. Là, tout a changé, et je n’avais plus de doutes à me faire ! Il était bien là pour ce dont je le pensais pas être venu…Finalement j’étais archi con de croire en sa bonne foi !!
Il a tout fait pour m’attirer dehors, prétextant que son avocat était au café d’en face et qu’il voulait me parler à fin qu’on puisse résoudre notre différend à l’amiable. Je refusai dans un premier temps, parce que je savais sciemment que ce n’était qu’un piège, puis me résignai à le suivre dehors, une fois que j’ai percuté le danger de me faire prendre à l’intérieur de mon bureau ! La honte !
Je lui ai demandé de patienter dehors, le temps que je règle quelques détails avec ma cliente, et une fois que je suis revenu à mon bureau, la course contre la montre avait commencé ! J’étais tellement concentré sur mon objectif, que j’en ai oublié la dame qui m’attendait. En 30 secondes, mes ordinateurs étaient verrouillés et placés en lieu sûr, mon téléphone portable éteint, mes effets personnels confié à un collègue et avant de sauter dehors, j’ai composé le numéro de la seule personne à qui je pensais en ce moment là…7 sonneries après, elle répondit, mais je ne lui laissai pas le temps de parler :
- Maman…Je vais en prison, appelle Driss !

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